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Au Soudan

 

 

Les 30 et 31 août : vers Khartoum

Nous quittons à l’aube Gonder et empruntons la piste qui part vers l’Ouest et le Soudan. Nous traversons encore de beaux paysages montagneux et verts, auxquels nous a maintenant habitué l’Ethiopie. Les sourires des enfants et les gestes amicaux des adultes saluent notre passage.  En approchant de la frontière, l’armée éthiopienne est de plus en plus présente : villages-garnison, soldat armés le long des routes, et même un canon pointé sur la route, au passage d’un col… Mais ses serveurs nous font de grands signes de la main à notre passage.

Nous passons la frontière sans problème. Aussitôt, nous entrons dans le monde musulman. Mosquées, djellabas, femmes aux voiles multicolores, panneaux écrits en arabe… Cela nous rappelle la Mauritanie, traversée il y a maintenant 10 mois. Les paysages sont toujours aussi verdoyants qu’en Ethiopie et les gens amicaux. Ici aussi c’est la saison des pluies. La piste n’est pas mauvaise mais, par certains endroits, montre d’énormes ornières creusées par les camions. Par chance, nous trouvons des passages relativement secs et nous nous en tirons sans difficulté. Mais imaginer cette piste sous la pluie nous laisse entrevoir de belles heures à patauger dans la boue… Prudents, nous profitons du beau temps et poussons jusqu’à Gedaref le jour même…

De Gedaref, nous empruntons « l’autoroute » : une belle route asphaltée à deux voies qui relie Khartoum à Port Soudan. Elle est parcourue dans les deux sens par un train ininterrompu de camions chargés des marchandises en provenance du Golfe Persique. Nous longeons le Nil qui charrie ses eaux boueuses vers l’Egypte.

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« VERS KHARTOUM »
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Du 1 er au 3 septembre : à Khartoum

A Khartoum, nous achetons les billets d’entrée (ou « permis ») pour visiter les sites archéologiques du Soudan. Nous faisons quelques provisions et essayons de nous renseigner auprès de l’ambassade de Lybie afin d’obtenir un visa pour ce pays. Nous avions calculé notre trajet afin d’arriver dans la capitale soudanaise le mercredi et non pas le jeudi soir : le vendredi est férié. Manque de chance, lorsque nous partons le jeudi matin pour commencer nos démarches, la ville est déserte et close : ce jeudi est férié… Il nous faut attendre le samedi pour trouver une administration ouverte. Les filles sont ravies car dans le camping, il y a une aire de jeux où elles s’ébattent des heures durant et oublient les longues heures de voiture. L’eau est abondante dans ce camping au bord du Nil et permet de longs bains rafraîchissants.

Nous nous promenons dans les immenses souks de Khartoum. L’accueil est toujours aussi souriant et amical. Les gens veulent être sur nos photos et sont ravis que nous voulions repartir avec ce souvenir de notre passage. Cela nous change de l’Afrique noire et surtout de l’Afrique de l’Ouest où prendre une photo est délicat et surtout négociable. Nous achetons à Léa et Rose deux petites djellabas en coton. Avec la chaleur, le vêtement ample leur est beaucoup plus confortable que leurs habituels t-shirt. Léa est ravie de l’échange, mais Rose l’est beaucoup moins…

Lors de nos achats dans Khartoum, certains vendeurs nous annoncent avec un sérieux déconcertant des prix faramineux « spécial européen ». Le litre de diesel a ainsi connu une hausse incroyable, passant de ses 76 dinars (1 euro ~ 300 dinars) à 1 200 dinars le litre ! Il faut que nous allions discuter avec un policier pour que le pompiste se ravise et nous serve un diesel au prix normal. Les pastèques flambent de 700 dinars à 3 000 voire 8 000 dinars ! etc… Cela contraste avec les cadeaux que nous recevons chaque jour : tel marchand de fruits offre une orange à Rose, tel policier à qui nous demandons notre chemin nous paie un Coca frais…

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« A KHARTOUM »
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Tous les vendredi soirs, une cérémonie religieuse se déroule près du tombeau du sheik Hamed al-Nil. Les nomades sufi de la secte « tariqa » honorent leur défunt leader. La fête est spectaculaire car certains des hommes ne sont pas vêtus de la classique djellaba blanche que l’on voit partout mais de djellabas aux vives couleurs vertes, rouges et jaunes. Dans la lumière du couchant, les adeptes défilent d’abord dans le cimetière en portant en musique leur verte bannière, puis s’installe en un grand cercle pour des chants et des danses. Certains danseurs tournent, tournent, tournent à n’en plus finir dans une sorte d’étrange transe.

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« LES TARIQA »
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Nous quittons Khartoum en début d’après-midi et partons vers le Nord-Est. Mais bientôt nous nous rendons compte qu’une pénurie de gasoil sévit au Soudan depuis quelques jours. Un problème technique dans la raffinerie affecte la distribution de carburant : de nombreuses stations service n’en disposent plus ou ne le distribuent qu’aux détenteurs de permis spéciaux prioritaires (entreprises, ambulances,…). Lorsque finalement nous trouvons une station qui accepte de nous servir, nous faisons la queue au milieu de nombreux poids lourds et autobus. Les chauffeurs nous demandent d’où nous venons et , lorsque nous leur montrons l’itinéraire de notre voyage sur la carte, ils décident que nous aurons notre plein de diesel et nous font bientôt une place pour que nous soyons servis rapidement. Il y a quelques mots échangés vertement en arabe car certains ne semblent d’accord avec ce traitement de faveur. Mais nos protecteurs ont le dernier mot et nous repartons bientôt en remerciant chaleureusement ces charmants soudanais à l’immense gentillesse.

Le 4 septembre : le temple de Naqa et les pyramides de Meroe

Nous quittons la route principale avant Shendi et suivons une piste sableuse jusqu’aux temples de Naqa. Le bivouac est un des plus mouvementé : alors que nous dormons à quelques kilomètres des temples, des vents d’une violence inouïe nous réveillent. La toile de tente claque dans un vacarme assourdissant et la voiture elle-même est secouée. On se bat un moment pour fermer fenêtres et portes et s’abriter de la furie du vent. Il semble qu’une pluie drue s’abat sur nous. Mais ce n’est que le sable, soulevé par le vent qui fouette la tente. Léa et Rose hurlent de peur et nous les rassurons le temps que la tempête, aussi violente que brève, ne se calme. Impressionnant !

Au matin nous allons visiter les temples nubiens de Naqa, bâtis un siècle après JC.: le temple du lion et son kiosque, particulièrement bien préservés et le temple d’Amun, qui a plus souffert des siècles passés sous les vents de sable. Nous observons nos premiers hiéroglyphes gravés du temps où la puissance des pharaons poussait loin vers le Sud.

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« LES TEMPLES DE NAQA »
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Nous poursuivons jusqu’au cimetière royal de Meroe : des dunes de sable émergent les pyramides, tombeaux des anciens rois de Nubie. Plus petites que leurs cousines de Gizeh en Egypte, elles sont plus nombreuses (près d’une centaine) et offrent un spectacle admirable au milieu des sables du désert. Les plus vieilles ont été bâties 800 avant JC et sont assez abîmées. Leur sommet notamment a été systématiquement démoli par les aventuriers en quête de trésor. Le site est désert, seulement parcouru par les vents et le sable. On y savoure la promenade, impressionnante dans le silence de ce site où glissent les fantômes des rois et reine de l’ancienne Nubie. Léa et Rose retrouvent les dunes et le sable, s’en donnent à cœur joie et courent partout jusqu’à l’épuisement.

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« LES PYRAMIDES DE MEROE »
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De Meroe, il est possible de poursuivre la route jusqu’à Atbara et emprunter une piste dans le désert qui conduit jusqu’à Karima. Mais les échos que nous avons sur cette piste sont partagés et il semble qu’elle soit difficile à suivre, disparaissant parfois dans les dunes de sable. Sans carte détaillée, sans points GPS et sans guide, nous préférons redescendre par Khartoum pour suivre la route jusqu’à Karima. Pia et Poul, fidèles à leur devise « no problem » souhaitent emprunter la piste dans le désert. Nos routes se séparent là, rendez-vous à Wadi Halfa.

Les 5 et 6 septembre : les pyramides de Jebel Barkal et de Nuri

De Meroe, nous gagnons Khartoum puis repartons vers le Nord-Ouest. Lorsque la route rejoint le Nil à Abu Dom, nous obliquons vers Karima. Nous suivons le Nil qui constitue une seule et longue oasis à travers le désert. Sur les rives du large fleuve s’étirent champs, dattiers et villages. Au-delà, de part et d’autre, règnent le sable, les pierres et la poussière dans la chaleur d’un soleil implacable.

Régulièrement, le long des routes, on trouve des petits abris à l’ombre desquels sont placés des jarres d’argile emplies d’eau. Le précieux liquide est ainsi mis à disposition par les villageois pour les voyageurs. Parfois, un véhicule s’arrête et quelqu’un en descend pour emplir une bouteille. La terre cuite maintient l’eau à une température remarquablement fraîche compte tenu de la canicule ambiante. Mais nos fragiles estomacs européens nous interdisent d’y goûter… Heureusement que nous avons notre frigo !

A Merowe, le Soudan bâtit sur le Nil un vaste barrage, pendant de son rival égyptien d’Assouan. Nous croisons de nombreux camions sur la route conduits par des Soudanais et des Chinois, qui participent à la construction du barrage. Cet édifice est une moderne tour de Babel : les Chinois ne parlent pas Arabe et les Soudanais ne parlent pas Chinois. Lorsque nous essayons d’échanger quelques mots, nous nous rendons compte que ni les uns ni les autres ne parlent Anglais. Ces équipes mixtes de chauffeurs doivent s’ennuyer un peu lors de leurs longs trajets dans le désert ! L’activité qui règne autour du chantier semble favoriser l’alimentation en gasoil de ces stations du Nord du pays : nous faisons, sans problème et à notre grand soulagement, le plein de gasoil à Abu Dom.

Nous traversons le Nil à bord d’un petit bac et passons la journée sur le site de Jebel Barkal, près de Karima. Jebel Barkal signifie "montagne sacrée" en arabe. La montagne était le trône du dieu Amun, le trône des deux pays, l’Egypte et la Nubie. Le sommet de la montagne offre une vue superbe sur la vingtaine de pyramides, bien conservées ainsi que sur la ville de Karima, le Nil et le désert environnant.

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« JEBEL BARKAL »
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A Nuri, nous allons nous promener au milieu d’un groupe de pyramides plus anciennes encore que celles de Meroe ou de Jebel Barkal.

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« LES PYRAMIDES DE NURI »
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Du 7 au 9 septembre : vers Wadi Halfa

De Karima nous redescendons à Abu Dom et suivons les interminables rives du Nil vers le Nord jusqu’à Wadi Halfa. Nous traversons de nombreux villages qui s’égrènent près de l’eau du fleuve. Les maisons sont ceintes de grands murs ocres ou blancs qui protègent des vents du désert. Les portes sont magnifiques et peintes de couleurs vives et bariolées. Nous nous perdons un peu dans le dédale des sentiers des palmeraies ou des ruelles des villages. Nous naviguons « au cap » du GPS et après quelques zigzags, finissons toujours par retrouver la piste. En milieu de journée, les rues sont désertes et les villages souvent envahis par le sable, ressemblent un peu à des villes fantômes. En fin d’après-midi, l’animation revient et voiles de couleurs et djellabas blanches réapparaissent en nombre. Les habitants, toujours souriants, retournent à leurs travaux, aidés de dromadaires ou d’ânes.

Lorsque nous nous arrêtons pour bivouaquer, nous avons souvent quelques visiteurs qui viennent nous saluer, vérifier que nous n’avons pas de problème mécanique, que nous avons de l’eau ou nous offrent des dattes. Léa et Rose ont même la faveur d’une petite promenade à dos d’âne ! Toujours, la délicieuse hospitalité et gentillesse soudanaise.

Après Abri, la piste quitte les rives du Nil et part à travers le désert. Filant dans le sable mou ou cahotant sur les pierres, nous traversons ces espaces sans eau et sans vie. Bientôt, après des heures de routes dans les ocres et les jaunes, apparaît le surprenant bleu turquoise du lac Nasser : nous arrivons à Wadi Halfa.

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« VERS WADI HALFA »
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Du 10 au 15 septembre : en attendant le bateau pour l’Egypte….

Wadi Halfa est à quelques dizaines de kilomètres de la frontière égyptienne et du temple d’Abou Simbel. D’Abou Simbel le goudron file ensuite jusqu’au Caire. Mais la mésentente entre l’Egypte et le Soudan complique la donne : la frontière terrestre est fermée et la route entre les deux pays est minée. Seul le ferry qui navigue sur le lac Nasser entre Assouan et Wadi Halfa permet de passer d’un pays à l’autre.

Nous arrivons le vendredi 9 à Wadi Halfa en même temps que Pia et Poul qui, n’ayant pas pu trouver de gasoil à Atbara, ont du finalement rebrousser chemin et emprunter le même itinéraire que nous. Nous devons attendre le ferry pour l’Egypte qui ne lève l’ancre que le… 15 septembre ! Nous avons le temps de méditer et contempler les dunes plusieurs jours durant dans cette petite ville posée au milieu du désert. Même en sirotant quelques coca frais en terrasse du petit bistrot…çà va être long !

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« A WADI HALFA »
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Heureusement, nous rencontrons Mazar qui nous accueille gentiment chez lui. Nous passons nos journées, confortablement à l’abri du soleil et de la chaleur dans la belle maison nubienne de sa famille. Grands-parents, frères, sœurs, oncles et tantes, vivent ensemble sous le même toit et constituent une joyeuse communauté. Le grand père nous parle du « old Wadi Halfa », du temps d’avant la migration, avant que la cité ne soit engloutie par les eaux du barrage d’Assouan et reconstruite plus loin. Léa et Rose sont aux anges et choyées par les sœurs de Mazar qui se régalent à les coiffer et leur faire de jolies tresses. Toute la famille joue aux « légos » ou aux « polly pockets », amusée par les étonnants jouets occidentaux. Nathalie, Léa et Rose ont bientôt leurs mains ornées de motifs de henné.

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« CHEZ MAZAR »
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Galerie, 21 photos

Mazar nous invite à participer aux soirées données à l’occasion d’un mariage nubien. Le premier soir nous assistons à la réception, dans la famille du marié au cours de laquelle ses mains sont enduites de henné. Le second, c’est au tour de la mariée d’être ointe de henné, dans la maison familiale. Enfin, le dernier jour, on fête l’union entre les jeunes époux au cours d’une grande fête rassemblant plusieurs centaines de personnes. Nous éprouvons encore une fois l’hospitalité et la gentillesse des Soudanais qui accueillent notre arrivée dans leur fête de joyeux « welcome » et d’invitations à danser. Nous nous sentons un peu comme des reporters couvrant l’événement car nous sommes les seuls possesseurs d’appareil photo et de caméra : tout le monde veut sa photo et se voir sur l’écran de l’appareil numérique.

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« LE MARIAGE NUBIEN »
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Le voyage se poursuit en Egypte

Mise à jour : 30/09/05