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En Mauritanie

 

 

Le 14 octobre : vers Nouadhibou

roseLe 14 octobre, nous quittons le parking de la station service et atteignons la frontière marocaine une heure plus tard. Nous passons les différents contrôles : gendarmerie, police, douane, puis l’armée. Nous quittons le Maroc sans problème particulier. Pascal et Anne-Sophie, qui ont dépassé de 8 jours la date de sortie du Maroc doivent s’acquitter d’une amende de 50 euros !

L’asphalte s’arrête ici. Il faut maintenant suivre une piste. A la frontière mauritanienne, là encore, gendarmerie, police puis douane. Les formalités s’effectuent sans aucun problème. Un douanier offre même un ours en peluche à Léa en échange de son chapeau. Heureusement, elle refuse : nous avons des doudous en surnombre mais que 4 chapeaux. Et les chapeaux, on en a bien besoin ! C’est le désert. Il est presque midi et nous sommes dans une véritable fournaise. Heureusement que nous avons la clim’ à bord.

NouadhibouLa voie est libre jusqu’à Nouadhibou. Il suffit de la trouver. Car il n’y a pas de route, uniquement une piste qui serpente dans les rocher et le sable. Nous suivons les points GPS donnés par Pascal Poublan. Nous trouvons, à partir de la voie ferrée, un beau goudron tout neuf et tout lisse qui nous mène jusqu’à Nouadhibou.

Les criquets sont arrivés la veille. La ville en est envahie. Où que le regarde se porte, on voit ces bestioles, au repos, marchant ou volant. Ils se posent par millions sur un arbre vert. Celui-ci devient rose de leur nombre. Lorsqu’ils repartent, l’arbre a perdu son feuillage et se retrouve nu comme en hiver.

criquets   criquets

Nous changeons de l’argent, prenons notre assurance obligatoire, achetons notre droit de passage dans le Parc Naturel du Banc d’Arguin et passons la nuit au camping Abba. Nous nous ravitaillons dans la ville. Si les bâtiment, en béton, de 1 étage au plus, n’ont pas de charme, les habitants donnent à la ville son cachet. Les hommes portent des djellabas blanches ou bleu ciel, avec des turbans les protégeant du soleil. Les femmes ont de magnifiques robes colorées. Nous passons un moment agréable dans le marché de la ville, organisé en « rayons » : il y a la rue des vêtements, la rue des chausseurs, la rue des légumes, la rue des épiceries,…La concurrence doit être rude !

GALERIE : Vers Nouadhibou

Du 15 au 19 octobre : dans le parc naturel du Banc d’Arguin

Le 15 octobre, nous quittons Nouadhibou pour aller visiter le parc naturel du banc d’Arguin. Nous quittons a route goudronnée à quelques kilomètres de Nouadhiblou, dans la baie du lévrier et nous engageons dans le sable, entre les dunes, vers le parc.

petit ensablageMalgré les pneus dégonflés nous nous « plantons » à deux reprises dans le sable chaud et mou : plaques à sable et huile de coude nous sortent de là sans problème. Quand on pense que, en France, lorsque nous préparions notre voyage et chassions les kilos, nous avions hésité à prendre 4 plaques à sable ! Elles sont à présent fort bienvenues. Nous progressons dans le sable, et bivouaquons au pied de belles dunes. Les montagnes de sable orange sont des toboggans exceptionnels !

sales bêtes!
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Le 16, nous entrons dans le par cet nous dirigeons vers le village d’Arkeiss, « le plus beau bivouac » du parc, indique notre guide de la Mauritanie. Malheureusement, une fois encore, les criquets nous ont devancé. Ils sont ici plus nombreux que jamais. C’est une invasion. Probablement des milliards, qui recouvrent arbustes et maisons d’un voile rose grouillant et écœurant. Nous déjeunons rapidement, sans bien profiter du paysage, occupés que nous sommes à chasser les bestioles qui se posent sur nous. Nous quittons bien vite cette baie à regret et cherchons plus au sud un coin épargné par cette « plaie d’Egypte ».

Nous bivouaquons dans les dunes, non loin du petit village de pêcheurs de Ten Alloul. Bivouac discret, car le camping du village est obligatoire.

Le 17 octobre, nous allons à Iwik, un autre village chercher un embarquement à bord d’un bateau de pêcheur pour aller observer les oiseaux. Nous nous rendons au poste des gardes du parc naturel. Exposé devant le poste, un squelette de baleine impressionne Léa : chaque vertèbre est de la taille de sa petite sœur ! Nous prenons rendez-vous pour un embarquement le lendemain et passons l’après-midi et la nuit, en bord de plage à nous reposer. Décor enchanteur et coucher de soleil sur la mer.

Le 18 octobre, nous embarquons le matin sur le voilier d’un pêcheur. A son bord, le capitaine, 2 marins, un gardien du parc, et deux enfants Bibi et Abo. Ils ont 4 ans et on les emmène pour la première fois sur l’eau, pour qu’ils s’habituent en vue de leur futur métier de marin et pêcheur. Nous allons jeter l’ancre devant une île de la baie qui reste à sec à marée haute : les oiseaux du parc, chassés des îles submergés par la marée haute viennent y trouver en merrefuge et s’y concentre : un poste d’observation idéal. En chemin, 5 gros dauphins (des tursiops, comme « flipper ») viennent chasser autour de notre bateau et évoluent longuement pour la joie de tous. Rose les appelle les « gros poissons ». Léa, elle, est un peu déçue qu’ils ne sautent pas plus haut… A marée haute, c’est un défilé d’une multitudes d’oiseaux qui se posent sur l’île en prenant garde à ne pas se mélanger : pélicans, hérons, aigrettes blanches et noires, spatules, de superbes flamands roses… Nous rentrons ravis et émerveillés de notre journée en mer. Le 19 nous reprenons la route pour quitter le parc par le sud.

GALERIE : Le banc d'Arguin (15 photos)

Du 20 au 25 octobre : du banc d’Arguin à Atar

En quittant le parc naturel du banc d’Arguin, nous bivouaquons dans les dunes du village de Nouâmghâr, en face de l’océan. Le soir, nous avons la visite de 3 chacals qui viennent nous observer de loin, sans s’approcher.

Le mercredi 20 octobre, nous empruntons « l’ancienne route » qui reliait Nouadhibou à Nouakchott avant la construction d’une route goudronnée : la plage. A marée basse, une bande de sable dur se libère des flots et la plage devient une piste très roulante. Nous couvrons les 60 km jusqu’au village de Tilouit, au petit matin. Les rouleaux de l’océan à notre droite, un cordon de dunes oranges à notre gauche,.Nous dépassons des pirogues colorées de pêcheurs échouées sur le sable. Des dizaines de mouettes s’envolent à notre approche. C’est un moment magique dans la lumière du soleil levant.

Tilouit est un petit village de pêcheurs situé à une centaine de km au nord de Nouakchott : cabanes de planches et de tôles, quelques maisons en dur. Nous nous renseignons pour acheter quelques litres de gasoil : pas de problème. L’épicier du village fouille dans un tas d’objets hétéroclites entassés dans la pièce adjacente à sa boutique. Il en extrait un bidon douteux. Nous préférons nous abstenir et compter sur nos réserves.

Nous avons encore assez d’eau, de nourriture et de gasoil (soit 6 jours d’autonomie complète depuis Nouadhibou). Nous avons pris nos visas pour le Mali à Paris. Nous décidons donc d’éviter la grande ville de Nouakchott et prenons la piste qui mène de Tilouit à Akjout. Nous longions l’océan depuis Casablanca, en suivant une route plein Sud. Là, nous obliquons vers l’Est, et entrons dans le désert mauritanien. La température monte encore.

Sur notre route nous croiserons un puits où des enfants abreuvent un troupeau de chèvres et de dromadaires sous l’écrasant soleil de midi. Un dromadaire hisse la poche à eau par petits volumes d’une dizaine de litres aussitôt engloutis par les animaux assoiffés. Opération interminable dans la fournaise de midi. Notre piste passe par Bennichâb, sans que nous ne trouvions trace de la source d’eau minérale et de son usine de bouteilles. Nous faisons malgré tout un plein d’eau dans une autre usine d’eau minérale. Comme c’est l’heure de la prière, on fait la queue au robinet avec les ouvriers qui font leurs ablutions. Après un bivouac dans les dunes, nous arrivons à Akjout le jeudi 21 octobre vers midi. Ancienne cité minière, la ville est encaissée au pied de montagnes noires. Alors que nous achetons de la nourriture dans le marché, nous entendons l’alarme du Land qui sonne. Pascal se précipite mais tout est normal. Par contre, le klaxon a ameuté tous les gamins de la ville qui se rassemblent autour du Land et se moquent de son alarme sensible. Pour les courses, il faut se contenter de quelques boites de conserve, du pain, des biscuits, de la semoule ou du riz. Il n’y a aucun produits frais exceptés oignons et pommes de terre.

Nous quittons Akjout après avoir fait le plein de gasoil pour rejoindre Atar par une piste décrite dans notre guide « La Mauritanie au GPS ». Nous abandonnons l’asphalte à 20 km de la ville pour arriver en fin de journée au pied de l’Erg Amatlich : un immense et magnifique cordon de dunes barre l’horizon. Notre destination est de l’autre côté… Nous bivouaquons au pied de ces montagnes de sable, un peu impressionnés par l’idée d’avoir à le franchir le lendemain. Léa découvre sa première fourmi « chromée » : une étonnante espèce de fourmi qui s’est adaptée au désert et au soleil en se couvrant d’une carapace réfléchissante.

Le mercredi 22 octobre, nous entrons dans le Foum Tizigui, un passage rétrécit de l’Erg où il est possible de le franchir en voiture. Nous progressons à travers le Foum et franchissons nos premières dunes. Nous avancerons de 11 km dans le passage à grand renfort de plaques à sable, de pelle et d’huile de coude…en plein soleil. La consommation de gasoil des voitures et celle d’eau des passagers monte en flèche. Pendant que les grands jouent au sable avec leurs 4X4, Léa et Rose jouent avec délice dans les dunes (escalades, toboggan, dinette,…).
Mais notre progression est de plus en plus difficile. Il faut trouver son chemin et les passages entre les dunes. Un véritable labyrinthe de sable avec le soleil, implacable et brûlant, comme Minotaure. En milieu d’après midi, OZ arrive à bonne vitesse au sortir d’une dune sur les plaques à sable du Toyota qui le précède. Une plaque se redresse, arrache la calandre et frappe le radiateur. Notre voiture est-elle immobilisée au milieu de nul part ?
Le premier émois passé, il s’avère que nous avons de la chance : la plaque a frappé le radiateur de clim’, qui est tordu, mais qui a protégé le radiateur, vital lui, du moteur. OZ peut non seulement rouler, mais en plus, cerise sur le gateau, la clim’ fonctionne encore ! Seul le ventilateur de clim’ est en panne. Nous nous arrêtons au pied des dunes pour bivouaquer et effectuer une réparation de fortune. La blessure d’OZ se voit à peine. Nous avons progressés de 11 km en une journée et ne sommes qu’à 1,5 km du point GPS de sortie du Foum.

Soudain, au milieu de ce désert de sable, surgissent d’on ne sait où deux bergers chevauchant leur dromadaires (avec un fusil) et un troupeau de chèvres. Ils ne parlent pas français mais on arrive à « discuter » un peu. Ils nous demandent de l’eau, nous interrogent sur notre destination et nous expliquent que nous ne sommes pas sur le bon chemin. A leur question de savoir si un guide nous accompagne, nous leur expliquons que nous n’en n’avons pas mais nous possédons un livre et un GPS. Leur seul commentaire sera, en signe de désapprobation, leur index frappant la tempe : vous êtes fous (ou inconscients ?). Avant de partir, ils nous indiquent le chemin de sortie, mais ce n’est pas très clair… Au bivouac le soir, l’ambiance est un peu morose et nous sommes un peu inquiets de savoir comment se sortir de là…

Le 23 octobre, nous quittons le bivouac dès le lever du soleil, « à la fraiche » dans l’espoir de trouver la sortie de ce labyrinthe. Mais dès 7h30, nous sommes en train de pelleter pour désensabler les voitures… Visiblement, il manque, entre les points GPS d’entrée et de sortie du Foum des points intermédiaires pour le passage. Fatigués et déçus, nous décidons d’arrêter les frais et abandonnons. Nous faisons demi-tour pour reprendre sagement le goudron de la route Akjout-Atar.

Nous passerons la nuit à 40 km d’Atar, dans le bel oasis de Tergit. Dans un canyon, une source d’eau fraîche coule entre les rocher, et abreuve des palmiers. C’est un endroit frais et reposant où nous nous baignons et nous délassons pour nous remettre de notre aventure.

Nous arrivons à Atar le 24 octobre et nous installons au camping « Bab Sahara », tenu par Justus, un hollandais qui parle 9 langues. Grâce à ses compétences en mécanique, nous réparons le ventilateur de clim’. L’eau coule en abondance en ville : Léa et Rose auront le droit à un long bain rafraîchissant avec des bassines en guise de baignoire.

Echaudés par notre mésaventure dans l’Erg Amatlich, nous prenons un guide (conseillé par Justus) qui pour 100 euros par voiture, nous accompagnera pour une boucle d’une dizaine de jours dans le désert mauritanien, d’Atar à Tidjidka. OZ semblait plein comme un œuf, mais on peut encore y loger un guide mauritanien : Moulay Chriff embarque à bord d’OZ et Nathalie, Léa et Rose s’entassent sur la banquette arrière. Cette fois, OZ ressemble vraiment à un « autobus malgache ». Nous quittons Atar le 25 octobre en fin d’après-midi, suivons une piste et passons dans la lumière du soir, la belle passe montagneuse d’Ebnou. Nous bivouaquons, juste avant la passe d’Amodjar au pied d’un site de peintures rupestres découverts par Théodore Monod. Nous admirons de belles girafes, des gazelles, un éléphant, des danseurs, dessinés sur la roche au temps où, à la place de ce désert, s’étendait une riche savane. C’était il y a 6 000 ans.

GALERIE : Du banc d'Arguin à Atar (16 photos)

Du 26 octobre au 4 novembre : d’Atar à Tidjikja

Du 26 octobre au 4 novembre, nous ferons un magnifique voyage dans le désert, guidés par Moulay. Nous découvrirons de multiples visages du Sahara et ses paysages grandioses qui ne tiennent pas sur une photo. Les Ergs de sable, gigantesques étendues de dunes qui s’étendent en vagues colorées à perte de vue. Loin d’être monotone, ces étendues sont riches des couleurs du sable qui se déclinent depuis le blanc du sable « neuf » jusqu’au orange-rouge du vieux sable brûlé par le soleil, en passant par des jaunes citron étonnant. Nous traverserons des Regs, plateaux pierreux interminables. Dans ces paysages lunaires, seules quelques touffes d’herbes éparses rappellent que l’on est encore sur Terre. Certains de ces plateaux arborent des assortiments étranges de couleur et semblent être des négatifs photographiques : la terre est rouge, les montagnes et les rochers d’un noir brillant, les herbes jaunes… seul le ciel, d’un bleu limpide, possède la bonne couleur.

Bizarrement, il y a des végétaux pratiquement partout dans le Sahara. Des touffes d’herbe à chameaux. Nous verrons aussi des quantités des redoutables acacias dont les épines, qui atteignent plusieurs cm sont capables de percer un pneu (le Toyota en a fait les frais). Il y a aussi des arbustes sans feuille et aux longues racines horizontales à l’écorce si blanche qu’elle semble argentée. On y voit en abondance, les surprenants calotropis, seuls arbres aux larges feuilles vertes et grasses dans ce monde de végétaux recroquevillés, et dont la sève est empoisonnée.

Nous parcourrons, en 10 jours, 830 km de pistes éprouvantes pour les véhicules et les passagers : des pistes de sable, simples traces dans le sable mou, dans lesquelles le 4X4 freiné ne progresse que le moteur poussé constamment à haut régime ; des pistes de pierres qui font un bruit d’assiettes cassées sous les roues et tailladent joyeusement le caoutchouc des pneus. Quelques fois de belles marches de pierre nécessitent une progression pas à pas du véhicule et les amortisseurs couinent douloureusement ; lorsque la piste devient un terrain roulant, dur et sans aspérité, le passage de multiple véhicules l’a transformé en redoutable tôle ondulée : toute la voiture vibre et semble se déboulonner entièrement. Certains conseillent d’y rouler à grande vitesse, comme les locaux. La voiture « plane » alors au-dessus des aspérités. Pour notre part, nous préférons zigzaguer et rouler lentement. Qui va piano… Rose résumera, un matin, notre voyage en déclarant, avec une déconcertante concision : « deux 4X4, du sable, du sable, du sable,… ».

Nous serons régulièrement accueillis par les nomades qui font preuve d’une grande hospitalité dans leur monde hostile. Introduits par notre guide, nous sommes régulièrement invités à boire le thé sucré. Léa s’intéresse beaucoup à cette cérémonie du thé qui est servi en 3 fois : « un premier thé amer comme la vie, un second doux comme l’amour et un dernier suave comme la mort ». Certains proposeront même d’égorger une chèvre pour nous offrir le méchoui. Mais c’est le mois du Ramadan et nous déclinerons souvent pour ne pas perturber leur jeûne. Un soir cependant, Rose appréciera tellement cette biquette rôtie qu’en voyant des troupeaux de chèvres elle s’écriera par la suite, « manger biquette ! manger biquette ! ». Ces invitations sont d’autant plus touchantes que ces gens sont très démunis. Nous avons été invités à manger le couscous mauritanien : juste de la semoule, sans légume (où les trouveraient-ils ?) ni viande…

Les nomades nous feront toujours bon accueil et seront ravis de voir nos filles. Les petites mèches blondes de Rose les intriguent beaucoup et Rose, inquiète, est pas tripotée ! Certains nous disent qu’ils n’ont jamais vu d’aussi petits enfants de touristes… Les enfants surtout s’attroupent et Léa et Nathalie auront le droit à des tatouages au henné, réalisés le soir, sous le ciel étoilé, dans la tente nomade.

Nous verrons une multitude de troupeaux de chèvres, de moutons et de dromadaires, élevés par les nomades. Par chance, nous ne verrons aucun animal dangereux, serpent ou scorpion. Par contre, les scarabées, qui vivent nombreux partout dans le désert deviendront rapidement un jeu pour Léa et Rose qui les attrapent, les collectionnent, les manipulent à pleines mains,… Lorsque nous prenons le thé, certains nomade ramènent les scarabées sous la tente pour qu’elles puissent jouer avec.

Partis d’Atar nous verrons le Fort Sagane, construit de toute pièce pour le film et à l’abandon depuis avant de descendre la passe d’Amodjar. Nous longerons les immenses dunes de l’Erg Maghtir vers le Nord-Est en roulant sur deux lacs salés Sebket Chemchâm : une étendue lisse à la conduite reposante. Nous verrons la belle montagne noire Aderg littéralement prise d’assaut par les grandes dunes de l’Erg qui s’y adosse pour atteindre presque le sommet. Au village d’El Beyed, nous visiterons le petit musée de la préhistoire qui rassemble un nombre impressionnant de « bifaces », des pierres taillées préhistoriques, trouvées dans le désert. Là, nous ferons une petite méharée d’une journée pour voir un site de peintures rupestres et pique niquer au bord d’un guelta (lac). Léa chevauchera ainsi fièrement, ravie, une journée durant son chameau. Pascal et Nathalie se succèdent sur le second avec Rose. A El Beyed, Nathalie donnera une consultation médicale au maître d’école L’obstétrique mène à tout…

D’El Beyed, nous redescendrons vers le sud en traversant le gigantesque triple cratère Guelb er Richât (trois cratères concentriques de plusieurs dizaines de km de diamètre) jusqu’à la ville de Ouadane. Là, nous visiterons la ville abandonnée qui surplombe une vallée où abondent les palmiers. Nous admirerons la ville sous la lumière dorée du couchant. Sur la piste de Chingetti, nous nous reposerons dans la fraîcheur végétale des oasis de Tanoucert puis de Tkemkemt. A Chingetti, nous verrons une des bibliothèques familiale de la ville qui contient des manuscrits arabes pouvant dater du XI ème siècle. Nous poursuivrons vers le sud en passant près de la montagne Zarga et verrons Aoueloûl, un cratère de météorite de 400 m de diamètre. Les deux 4X4 escaladerons l’impressionnante dune de Taoujafet. Nous asserons par le joli village de Rachid. Du haut de sa colline, on a un point de vue imprenable sur l’oued et l’oasis. Pas de chance, ce jour là un vent de sable nous masquera un peu la beauté du site. Nous arriveront finalement à Tidjikja (sains et saufs ;-) ).

GALERIE : D'Atar à Tidjikja (23 photos)

Du 5 au 7 novembre : vers Kiffa et le Mali

Au camping de Tidjikja, où nous passons la nuit du 4 novembre, la TV mauritanienne diffuse une version de son journal en français. Sans nouvelles depuis un mois, nous apprenons, avides, quelques évènements : Bush a été réélu, en Irak, une grande offensive sur Falloudja se prépare, les ministres de la communauté européenne se réunissent , le gouvernement mauritanien, déjà en lutte contre les criquets doit faire face à l’invasion des oiseaux mange-mil…

Notre linge enfin lavé de frais, le plein d’eau et de gasoil effectué, nous quittons Tidjkja. Notre guide nous a laissé comme convenu : nous rallumons le GPS et ressortons la carte de Mauritanie. Nous empruntons le bel asphalte, reposant pour les pneus, les amortisseurs et les vertèbres, qui mène à Sangarafa. Dans une grande descente, la route offre un point de vue superbe sur le village de N’Beika et son oasis. Là, nous empruntons la piste qui conduit au village de Matmata où, dans les petits gueltas d’un canyon, il est possible d’observer quelques uns des derniers spécimens de crocodiles du Sahara. Nous bivouaquons avant Matmata où nous entrons le samedi 6 novembre : erreur ! le samedi est férié ! il n’y a pas d’école ! tous les enfants du village s’agglutinent autour du Land pour voir et toucher Léa et Rose. Nous décidons de fuir et de nous rapprocher le plus possible du canyon en voiture. Mauvaise idée ! Nous nous ensablons à 50 m du village dans le sable mou de l’oued à sec. Nous pelletons et sortons les plaques à sable entourés par une cinquantaine d’enfants surexcités, qui escaladent la voiture. Une fois les pneux dégonflés, nous pouvons semer nos poursuivant jusqu’à ce que le cemin soit barré par les rochers du canyon. Nous poursuivons à pied, en silence, comme nous le conseille le guide de la Mauritanie, pour avoir une chance d’apercevoir les craintifs sauriens. Mais après quelques dizaines de minutes, nous sommes rattrapés par les enfants du village qui nous ont suivi à pied… Cris, rires, certains jettent des pierres dans l’eau, d’autres se rafraîchissent dans les gueltas.…Nous rebroussons chemin, abandonnant la chasse au crocodile.

Nous retournons par la piste jusqu’au village de N’Beika où nous reprenons la route. La passe d’Eschetf nous offre une vue superbe sur un océan de dunes jaunes pâles. Bientôt il faut abandonner la route en travaux et suivre une piste sableuse et poussiéreuse jusqu’à Sangafara où nous arrivons en fin de journée.

Le 7 novembre nous gagnons Kiffa par une belle route goudronnée comme nous les apprécions maintenant ;-). Kiffa est une des grandes villes de Mauritanie et nous y trouvons avec joie nos premiers produits frais depuis Nouadhibou (quittée le 15 octobre) : nous achetons, gourmands, bananes, oranges et pommes très heureux de pouvoir varier le régime de boite de conserve du Sahara.

GALERIE : Vers Kiffa et le Mali (10 Photos)

 

Le voyage se poursuit au MALI

Mise à jour : 2/02/05