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Au Maroc

 

 

Le 26 septembre : arrivée à Tanger

Dans la forêt d'eucalyptus

Nous embarquons en fin de matinée et arrivons à Tanger. Dès les premiers tours de roue, c’est l’Afrique. Le chaos règne sur le port et les formalités de douanes sont interminables. Les voitures forment 4 files d’attentes devant la sortie vers Tanger, mais nous comprenons au bout d’un long moment que la file d’attente est virtuelle. Ce ne sont pas les premières voitures qui sont contrôlées en premier. Il faut décider son douanier à s’occuper de vous en le suivant de près au long de ses contrôles, le presser, argumenter jusqu’au moment tant attendu…Il ne semble pas question de backshich. Juste le chaos. 2h30 plus tard, nous traversons Tanger, et nous longeons l’océan en direction d’Asilah. Avant d’arriver à Larache nous quittons la nationale et bifurquons vers l’Est sur une petite route. Nous bivouaquons dans la fraîcheur et le calme d’une forêt d’eucalyptus dans les environs de Tleta-Risana.

MenkèsLe 27 septembre : à Meknès
GALERIE « Vers Meknès »

Nous gagnons Meknès. Nous déjeunons de délicieux Tagines au poulet puis allons visiter les souks. La boucherie arborant un tête de chameau impressionne Léa. Les étalages multicolores de gâteaux et d’épices tentent les minettes qui ont bien du mal à ne pas toucher. On leur achète quelques pâtisseries (makrouds, cornes de gazelles,…). Mais nous n’avons pas de succès : elles n’aiment pas et préfèrent les Princes « parce qu’il y a du chocolat »…Nous avons plus de succès avec une promenade en calèche qui nous fait faire le tour des remparts de cette ville impériale. Pascal doit attendre ses femmes à la porte du hammam, réservé aux femmes, dont la visite lui est interdite. Nous dormons dans le camping de la ville au milieu des camping cars. La nuit les appels à la prière nous bercent d’une exotique mélodie.

Du 28 septembre au 3 octobre :   sur les pistes de l’Atlas
GALERIE - "les pistes de l'Atlas

La forêt de CèdresNous décidons de tester matériel et équipage en « hors-piste ». Nous avons rendez-vous le 4 octobre à Casablanca avec nos compagnons de voyage pour la Mauritanie, Pascal et Anne-Sophie. D’ici là nous allons prendre le temps de nous roder : comment organiser les journées, optimiser les rangements, habituer les enfants et les conducteurs à la piste, estimer notre consommation d’eau, de gasoil, vérifier nos capacités d’orientation avec le GPS… Pour cela nous partons vers le sud, direction les pistes de l’Atlas.

Nous arrivons à Azrou et visitons l’immense souk hebdomadaire de la ville qui rassemble de nombreux berbères qui viennent des montagnes vendre ou acheter. Nous partons en suivant la route d’Ifrane, puis, peu après la station de ski (si, si, il y en a une) Mischlifen, nous prenons une piste qui nous emmène vers les forêts de cèdres. Nous progressons sur un grand plateau dans la chaleur et la poussière qui entre partout et envahit le véhicule. OZ est bientôt couvert d’une pellicule blanchâtre : ses peintures de guerre ! Nous gagnons la fraîcheur de la forêt où nous bivouaquons. Le lendemain nous reprenons la piste à travers la forêt. Nous apercevons quelques singes magots. Mais craintifs, ils s’enfuient dès que nous approchons et se soustraient à toute photo. Léa est tout de même ravie de la rencontre ! Nous regagnons en fin de matinée la route nationale qui nous mène à Itzer, puis Boumia et enfin Tounfite.

vers Agoudal

Le jeudi 30 septembre nous quittons notre bivouac et suivons la petite route, qui borde un oued, reliant Tounfite à Tagoudit. Là, la route part en direction d’Agoudal à travers la montagne. Les paysages sont magnifiques et variés. Les montagnes de l’Atlas sont grandioses. OZ évolue dans un monde minéral où la végétation et les hommes ont laissé la place à la pierre, au sable et à la poussière. Pourtant, c’est un monde riche en couleurs où les ocres, les rouges, les gris, les roses, les oranges se côtoient. Seuls quelques villages de bergers et de paysans se blottissent dans les replis des montagnes. Les enfants, habitués aux passages des 4X4 des touristes, courent et nous poursuivent en réclamant bonbons ou vêtements. On ne peut guère que fuir ces hordes piaillantes qui escaladent le véhicule sans se soucier du danger, tapent les portières et quelques fois ramassent des cailloux… On ne fait donc que traverser les villages. Dommage…Sur cette piste nous ne croiseront qu’un groupe de motard espagnols et des camions Bedford, roses, chargés de troncs de cèdre. La piste cabossée zigzague dans les vallées, escalade les flancs montagneux et redescend dans les vallées.

En début d’après-midi, un orage éclate et des pluies diluviennes et même de la grêle rincent la poussière des derniers jours. Mais la route longe et traverse à plusieurs reprises un oued dont le débit augmente rapidement. Pour progresser, nous sommes contraints de traverser, inquiets, plusieurs gués boueux . Ils ne sont pas très profonds, mais nous roulons plusieurs heures en nous demandant comment sera le prochain passage…Enfin la pluie cesse et la route remonte dans la montagne et s’éloigne de l’oued. Nous bivouaquons dans un site magnifique, à 2 500 m d’altitude. Vêtements chauds et duvets sont de rigueurs : à 19h il fait 4°C !

auberge berbère d’IbrahimLe 1er octobre nous repartons vers Agoudal que nous atteignons vers midi. Nous déjeunons dans l’auberge berbère d’Ibrahim qui nous sert de délicieuses omelettes accompagnées du « whisky berbère » (le thé à menthe). Alors qu’Ibrahim nous explique qu’il y a peu de touristes cette année, une vingtaine de motards et leurs deux 4X4 d’accompagnement s’arrêtent à l’auberge pour déjeuner. Ibrahim se décompose : « je n’aurai pas assez pour tout le monde ! ». Un des motards, originaire du Mans, et qui a remarqué la plaque 72 d’OZ, engage la conversation. Il s’avère bientôt que c’est le fils du médecin qui a fait naître Nathalie il y a 32 ans. Le vaste monde est minuscule !

Nous reprenons une piste qui nous conduit à travers les montagnes, et leurs canyons vertigineux et de superbes vues à Tamtattouche. Là nous ne saurons résister à passer la nuit dans un camping qui propose des douches chaudes. De quoi rincer la poussière des derniers jours ! Léa et Rose jouent à cache-cache dans une tente berbère.

Le lendemain nous reprenons la route et traversons les magnifiques gorges du Todra. Nous ne pouvons pas nous attarder plus longtemps dans l’Atlas car nous avons rendez vous à Casablanca.

OZ attaque alors deux longues journées de routes pour rejoindre Casa. Entre Ouarzazate et Marrakech la route serpente interminablement à travers les montagnes. Les montées succèdent aux descentes, les points de vue aux échoppes des marchands de pierres.

Nous atteignons finalement Casablanca le dimanche 3 octobre à midi où nos amis nous attendent déjà au camping de l’oasis. C’est le seul camping de Casablanca. Il n’a d’oasis que le nom car il est en pleine ville.

Du 3 au 5 octobre : à Casablanca

Casablanca vu par Rose

A Casablanca, nous devions prendre nos visas pour la Mauritanie et descendre ensuite plein Sud jusqu’à la frontière mauritanienne. Mais tout voyage en Afrique porte, paraît-il son lot de « tourista ». Malheureusement, c’est la petite Rose qui s’y colle: du dimanche soir au lundi, diarrhées et vomissements se succèdent. Accaparés par les soins (et le nettoyage !) nous renonçons à prendre nos visas le lundi. Pascal et Anne-Sophie ne souhaitent pas nous attendre et, leurs visas en poche, reprennent la route le lundi 4 octobre: nous nous donnons rendez-vous à Laâyoune le lundi 11 octobre. Pour nous ravitailler nous allons au « Marjane », le Carrefour marocain. Léa est tellement insistante que nous allons même au Mac Do !

Le mardi, Rose allant déjà mieux, nous effectuons les formalités pour obtenir le visa : le consulat de Mauritanie à Casablanca est à deux pas du camping. Les démarches sont effectuées sans difficultés particulières.

Le 6 octobre : à Casablanca

Rose reprend des forces mais est encore bien fatiguée. Nous quittons Casablanca et faisons route vers le Sud, en longeant la côte afin de pouvoir couvrir tranquillement les 1500 km nous séparant de la frontière mauritanienne. Nous traversons El Jadida au pied de ses remparts. Dans la petite ville côtière de Oualidia nous faisons une halte-déjeuner sur la plage. Les pêcheurs locaux nous servent sous les parasols, en face de l’Océan sardines et dorades grillées. C’est un régal. Nous passons la nuit à Safi.

Du 7 au 10 octobre : à Agadir

EsaouiraCap au Sud, nous arrivons vers midi à Essaouira. Nous déjeunons et nous baladons dans cette ravissante ville estivale et très touristique. Mais Rose refuse toujours toute nourriture et est du coup très faible. Elle a perdu 1 kg sur ses 11 de départ. Nous sommes un peu inquiets. Afin d’être certain qu’elle ne souffre de rien de plus qu’une tourista, nous filons dans l’après-midi à Agadir. La route de montagne longe l’océan et offre de superbes vues. Nous croisons de vastes troupeaux de dromadaires. Passé l’été, la nourriture manquant dans le désert, ils remontent se nourrir d’Argame, dont ils sont friands, dans la région d’Agadir. A Agadir, nous allons chez le pédiatre qui se veut rassurant mais nous prescrit des analyses.

AgadirLa journée du vendredi 8 est occupée au laboratoire et chez le médecin : Rose, c’est sûr, n’a rien de grave : elle fait une « crise d’acétone ». La diette due à sa tourista, provoque un dégoût de la nourriture. Il faut qu’elle se réalimente. Nous allons au Marjane trouver des jus de fruits et miracle ! la petite l’engloutit. Nous sommes sur la voie du rétablissement.

Chez Lahcen à AgadirAvant de poursuivre le voyage, nous voulons être sûr que Rose a bien récupéré et décidons de rester à Agadir. Mais il faut fuir le camping de la ville. Sa propreté n’est pas douteuse, mais sa crasse certaine. Le camping le plus sale du Maroc. Nous partons au sud d’Agadir et après quelques km de piste, nous arrivons dans un petit village de pêcheurs perché en face de l’océan. Là, nous rencontrons l’un d’eux, Lahcen, avec qui nous sympathisons. Ils nous invite chez lui et nous restons et celle de ses amis pêcheurs. Nous nous reposons au bord de mer, face aux rouleaux de l’Atlantique. Rose se rétablit complètement et retrouve sa voracité et sa vigueur habituelles. Nous quittons nos amis pour reprendre le voyage vers la Mauritanie dès le dimanche matin.

A partir du 10 octobre : vers la Mauritanie

Meuh, meuh... ah non je suis bête, ce sont des moutons !Nous filons, toujours plein sud : Tiznit, Sisi Ifni, Guelmim, Tan-Tan,Tarfaya. La route mène au Sahara: le sable envahit le paysage et même la route. Régulièrement, des pelleteuses et camions luttent contre les dunes pour conserver la voie carrossable. Nous roulons des centaines de kilomètres en ne croisant pratiquement que des camions et de vieux Land Rover. L’asphalte longe la côte et sur les Demain on embarque... heu non finalement on continue par la route!plages, nous apercevons régulièrement les carcasses rouillées de bateaux échoués. Le prix de l’essence diminue vertigineusement. A 80 cts d’euros dans le nord du Maroc, il est à 60 cts à Agadir. Aux environs de Tan-Tan, je paie mes 100 l de gasoil 32 euros !

Nous retrouvons Pascal et Anne-Sophie au lieu de rendez-vous, le lundi 11 au soir, dans un camping perdu dans le désert, à 50 km de Laâyoune. Léa et Rose jouent au sable (le plus grand bac à sable du monde…) et au docteur qui soigne un bébé qui vomit…Tout va donc très bien.

Oasis en vue!Le mardi 12 octobre le Toyota et le Defender poursuivent vers le Sud. On entre dans le Sahara occidental : les contrôles de la gendarmerie se font de plus en plus nombreux. Simples vérifications très cordiales des passeports. Nous faisons une étape ravitaillement et cyber-café à Lâayoune. La présence des Nations Unis (à bord de gros 4X4 Toyota flambant neufs) et de nombreux soldats prouvent que les problèmes du Front Polisario ne sont pas complètement résolus. Après Lâayoune, les véhicules sont de plus en plus rares. On croise quelques troupeaux de dromadaires qui machouillent des morceaux de désert, l’air hautain et tranquille. Dans une station service de Boujdour, nous voyons notre premier criquet. Il a la taille et la couleur d’une crevette rose. Naïvement, nous le prenons en photo, sans savoir qu’à quelques kilomètres de là, sur la route, se trouve un énorme essaim de ces insectes. Ils sont des centaines de milliers. La route est rose de leurs cadavres. Ils volent et tourbillonnent devant nos voitures et nous ralentissons fortement afin de ne pas boucher nos radiateurs. Le jour tombant, nous descendons vers les dunes de bord de mer pour bivouaquer. Les criquets sont là eux aussi, moins nombreux que sur la route. Du coup, Pascal bis, Léa et Rose font une chasse aux criquets (affût, attaque, mise à mort, enfouissement du cadavre), construisent des prisons à criquets,…

Le 13 octobre les kilomètres s’enchaînent à travers le désert pour notre plus longue étape au Maroc : 535 km. De toute façon rien à voir le long de cette route incroyable : lisse comme un billard, elle file droite, sans beaucoup de virage, à travers le sable et les roches vers la Mauritanie. Il n’y a personne. Nous ne croisons qu’une dizaine de véhicules durant toute la journée. Après Dakhla, nous abordons la zone qui, jusqu’à quelques mois, ne se traversait qu’en convois escortés. A présent l’accès est libre mais des « bandits » la fréquente encore, nous a-t-on dit. Nous traçons donc jusqu’à 80 km avant la frontière mauritanienne au lieu de bivouac où se rassemblent les voyageurs : la dernière station service du Maroc. Un rassemblement hétéroclite de voyageurs et de véhicules encombrent le parking : c’est la route vers l’Afrique Noire. Depuis Tan-Tan, sur cette route dans le désert, nous avons rencontré le « Capoté Circus » : 3 québequois et un français, descendent vers le Mali et le Sénégal à bord d’une 505 et d’une camionnette. C’est un cirque humanitaire, qui va, au cours de ses étapes, faire des spectacles pour sensibiliser les gens au problème du Sida. Il y a également 3 français qui rejoignent le Burkina avec 4 chiens et un perroquet à bord d’une camionnette et de deux 4X4 pour ouvrir un village touristique. Des jeunes descendent vendre des voitures en Mauritanie…etc… Différents voyageurs et différents voyages…

Suite : EN MAURITANIE...

mise à jour : 22/01/2005