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Au Kenya

 

 

Le 4 juillet : le parc du Massaï-Mara

Le parc du Massaï-Mara offre des paysages superbes. C’est l’Afrique que l’on imagine, avec ses vastes savanes jaunes mouchetées d’acacias : « Out of Africa ». On s’attend à voir pique niquer Meryl Streep et Robert Redford au détour d’une piste. Nous nous installons dans cette savane pour un bivouac de rêve. Lorsque nous partons à l’aube, trois mongolfières colorées flottent dans le ciel et glissent silencieusement au-dessus des animaux.

Nous traversons le parc d’Ouest en Est. Le paysage change et s’enrichit de collines et de forêts. Voir évoluer les éléphants, zèbres et girafes dans ce décor est vraiment magique. La bizarre antilope rouge bubale est présente en nombre dans le parc et nous en croisons de vastes troupeaux.

Comme souvent dans les parcs, un terrain de foot est aménagé, non loin des baraquements des rangers. Sans doute se détendent-ils en tapant le ballon mais on se demande comment se déroulent les matchs : y-a-t-il des gardes armés de fusils aux quatres coins du terrain qui sont chargés d’éloigner les fauves ? Sur ce terrain, ce sont des antilopes qui l’occupent : des bubales semblent affronter une équipe d’impalas.

Nous voyons quelques 4X4 immobiles hors de la piste. Le Massaï-Mara est le seul parc où on ai le droit de quitter la piste. Lorsque nous nous approchons, il s’agit de 8 lionnes couchées dans les herbes et se prélassant sans se préoccuper des voitures qui les encerclent. Soudain, une des lionnes se redresse et avance, oreilles baissées et menaçante vers une des voitures. Les 4X4 sont ouverts et les touristes assis doivent être mal à l’aise. Mais la lionne passe entre deux voitures, bientôt suivie par les 7 autres. Elles ont repéré non loin de là un groupe d’antilopes bubales et se glissent furtivement vers elles. Mais celles-ci les repèrent et s’enfuient rapidement.

Les photos de Léa
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Le bubale Les bubales Les gnous Les lions
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Les zèbres Le troupeau
de girafes
Papa photographie
la girafe
 

Nous admirons aussi un étonnant rassemblement d’un grand nombre de gnous, zèbres, antilopes springboks et bubales et de 15 girafes qui cohabitent. Etrange et superbe arche de Noé ! Parmi ces animaux, Nathalie aperçoit la tête d’une sorte de gros chien, aux oreilles toutes rondes et à l’épaisse fourrure de peluche, couché dans l’herbe. C’est une hyène qui se redresse et s’enfuit. Elle porte un énorme collier émetteur. Vu de près, l’animal que l’on trouvait laid apparaît, bizarrement, nettement plus beau.

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« LE MASAI MARA »
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Galerie, 20 photos

Nous découvrons le soir, au milieu d’une trentaine de minibus qui les encerclent, un groupe de lion qui dévore un énorme buffle. Nous nous arrêtons près du taillis où est étendu le buffle et coupons le moteur pour regarder, une heure durant les lions. Les fauves circulent dans les taillis et, chacun leur tour, viennent prendre part au festin. D’abord les males, puis le lionceau et enfin les lionnes. Le spectacle pourrait être extraordinaire mais les chauffeurs kenyans, soucieux de satisfaire leur client, poursuivent les lions et ne peuvent laisser plus de 2 mètres entre l’animal et eux. Les fauves semblent pourtant blasés et mènent leur vie au milieu du vrombissement des moteurs avec une indifférence stupéfiante. Seul le lionceau semble effrayé. Lorsqu’ils sont repus, ils viennent s’allonger dans l’herbe, au milieu des voitures avec une royale désinvolture. On mitraille à tout va !

Nous avons quelques émotions lorsque les énormes animaux, les poils poisseux du sang de leur festin, passent tout près de nos fenêtres : nos vitres électriques ne fonctionnent pas lorsque le moteur est coupé… Rose dit « Regarde, maman, çà ». Lorsque Nathalie tourne la tête, elle se rend compte que « çà » est un gros lion qui n’est qu’à quelques mètres de sa fenêtre ouverte. Mais ces fauves ne nous prêtent aucune attention. Lorsque le crépuscule avance, il nous faut repartir car, comme dans tous les parcs, il est interdit de circuler la nuit. Nous ne sommes plus que deux voitures au milieu des 8 lions mais… impossible de passer une vitesse. La boite est bloquée… Sueurs froides dans le Land. Nous nous voyons déjà obligés de passer la nuit dans la voiture au milieu de ce groupe de lions. Puis la première s’enclenche et nous pouvons quitter le parc sans comprendre ce qui s’est passé mais un peu inquiets de cette défaillance mécanique.

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« LE FESTIN DES LIONS »
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Galerie, 14 photos

Le 5 juillet : le village Massai

Au sortir du parc, nous avons dormi dans le camping tenu par une communauté Massaï : 3 guerriers armés de leurs longues lances ont veillé sur notre sommeil. Au matin, nous partons avec eux pour une visite de leur village. Notre guide est un guerrier Massaï qui porte un nom chrétien : Robert ! Rose, toujours espiègle, profite de son succès pour attraper impunément les bijoux d’argent qui pendent à la chevelure du « warrior » qui la porte. Léa joue avec les agneaux qui gambadent près du village coiffée d’une crinière de lion, trophée d’un guerrier Massaï. Nous avons droit à une danse des hommes, puis une des femmes, tous et toutes parés de leurs plus beaux atours. Sacré contraste que les tenues multicolores et les ornements de ces Massaïs qui vivent dans des huttes misérables faites de branchages colmatés par de la bouse de vache.

Les photos de Léa
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Il emène une chèvre La case La cour de l'école La danse
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La vache La Massai L'enfant Rose et le Massai
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Un autre Massai Un enfant Un Massai Ils sautent très haut

Dans le village ceinturé d’une palissade, les huttes sont installées en cercle, autour d’un vaste enclos où sont enfermés, la nuit venue, près de 700 vaches. Les veaux, chevreaux et agneaux sont conservés dans une pièce spéciale dans la hutte de chaque famille.

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« LE VILLAGE MASAI»
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Galerie, 20 photos

A Narok, nous appelons Lionel en France pour avoir son avis sur notre problème de boite de vitesse qui se bloque : pour lui, c’est un problème d’embrayage. Il nous conseille de purger le circuit, de mettre un liquide neuf et de voir ce qu’il en est. Nous pouvons encore rouler et verrons cela chez un prochain garagiste.

Du 6 au 8 juillet : le lac Nakuru

Nous repartons vers le Nord et traversons la région de Kéricho. Il y a de nombreux villages dans ces contrées très peuplées. A chaque fois que nous ralentissons des vendeurs ambulants nous proposent toutes sortes de marchandises. Les collines sont couvertes d’immenses plantations de thé. Les plants de thé sont taillés à la perfection. Des armées de cueilleurs, portant de hautes hottes en osier, se faufilent entre les rangées de plants.

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« LES PLANTATIONS DE THE DE KERICHO »
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Galerie, 8 photos

Nous allons dans le parc du lac Nakuru. Le parc est petit (comparativement à l’immense Massaï-Mara) et clos d’une barrière. Cela ressemble un peu à un zoo ou un grand Thoiry. Mais son lac est fa-bu-leux. Il est habités par des milliers de flamands roses qui ourlent ses rives d’une magnifique frange rose.

Nous voyons aussi, pour la première fois depuis le parc sud-africain de Hluhluwe, des rhinocéros. Ces animaux sont en effet victimes des braconniers qui convoitent leurs cornes, très prisées comme ingrédient d’aphrodisiaque dans les pays d’Asie. Un ranger nous explique que le kilo de corne de rhino se revend 30 000 dollars US ; A ce prix là, il y a toujours quelques braconniers pour tenter le coup et abattre l’animal. La population de rhino diminue inexorablement… Espérons que les érections orientales sont à la mesure de l’hécatombe. Mais à Nakuru, les rhinos sont nombreux et cohabitent d’ailleurs avec de vastes troupeaux de buffles.

Les photos de Léa
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Les zèbres Les buffles Les flamands
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Les minibus Les rhinos Le vol des flamands

Au camping du lac, des bandes de singes vervet essaient avec un culot incroyable de voler de la nourriture. Ils encerclent Rose qui mange une banane et il faut la menace du bâton que brandit Pascal pour qu’ils acceptent de reculer… juste hors de portée des coups, mais tout proche du Land. Nous avons ainsi un pique-nique assez mouvementé où nous devons rester constamment sur le qui-vive, les chapardeurs faisant preuve de beaucoup de ténacité et ruse. Puis, soudain, toute la bande part en courant vers un autre groupe de campeurs. Pris par surprise, les pauvres se font chaparder une bonne partie de leur casse-croûte : les petits singes s’installent non loin de là pour déguster tomates et fruits…

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« LE LAC NAKURU »
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Galerie, 21 photos

Près de Nakuru, nous nous arrêtons au « Kembu (caméléon en Swahili) campsite ». Nous avons été particulièrement bien inspirés. Outre le charme de l’endroit, où l’on trouve calme, confort et hospitalité, le propriétaire des lieux nous donne un précieux coup de main : il appelle un voisin et ami qui possède un garage pour les… Land Rover !. 5 minutes plus tard, deux mécanos arrivent au camping et s’occupent de notre problème d’embrayage à même la pelouse du camping. Quelques heures après, équipé d’un maître-cylindre neuf, notre embrayage fonctionne parfaitement. Efficacité maximale et coût minimal : nous sommes ravis.

Le 9 juillet : le lac Bogoria

Non loin du lac Nakuru, nous faisons halte au Lac Bogoria. En chemin, le GPS indique 0°0'001 de lattitude Nord. Nous venons de passer l’équateur. Soudain, l’eau tourne dans le bon sens dans les lavabos : on se croirait presque à la maison ! En fait, seul un panneau sur le bord de la route et les boutiques des marchands qui vendent de petits globes terrestres signalent le parallèle 0.

Peu d’animaux au lac Bogoria : tous les flamands sont à Nakuru, et seuls quelques dizaines de retardataires errent encore ici. Quelques zèbres et antilopes sont également visibles sur ses rives. Des sources chaudes se répartissent sur son pourtour. De l’eau bouillante jaillit de terre et de grandes volutes de vapeur s’élèvent vers le ciel. Certains font cuire leurs œufs dans les bassins d’eau brûlante. Magnifique paysage.

Nous bivouaquons sur la rive du lac, à l’ombre d’immenses figuiers habités par des bandes de babouins et de singes vervet. Heureusement, ceux-là sont moins effrontés que ceux du lac Nakuru et notre bivouac est calme. Lorsque nous repartons au matin, l’unique chemin d’accès est barré par un arbre couché en travers. Un fort vent a soufflé durant la nuit et abattu un… acacia aux épines longues de plusieurs cm. Au petit matin, nous tractons l’arbre sanglé au Land pour le dégager et coupons quelques unes de ces plus grosses branches pour l’alléger et pouvoir dégager le passage. Trente minutes et quelques litres de sueur plus tard, la voie est libre.

Le 10 juillet : le lac Baringo

Encore un peu plus au Nord, nous arrivons à un autre lac de la vallée du Rift : le lac Baringo. Nous y faisons une promenade en barque pour voir crocodiles, hippos et les nombreux oiseaux qui y demeurent. Des pêcheurs marchent dans l’eau peu profonde en tirant leurs filets. Non loin de là sur la rive, dorment les crocodiles. Il n’y a paraît il pas d’accident… Le barreur lance dans l’eau, au loin, en sifflant, un poisson dans lequel il a placé un morceau de balsa pour le faire flotter. Un aigle pêcheur arrive d’un long vol plané, se saisit du poisson à quelques mètres de notre embarcation. Il part ensuite le déguster dans un arbre sur la rive. Superbe spectacle !

Une énorme tortue terrestre habite dans notre camping. Léa et Rose la régale de morceaux de pastèques qu’elle tranche d’impressionnants coups de dents. Elle a, paraît-il, 65 ans.

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« LE LAC BARINGO »
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Galerie, 8 photos

Du 11 au 13 juillet : le parc de Samburu

Du lac Baringo, une longue piste en plus ou moins bon état nous conduit à la réserve de Samburu. Sur la route nous croisons les Samburus : vêtus de rouge comme les Massaïs, ils arborent de magnifiques colliers de perles de couleurs. Nathalie descend et négocie vaillamment quelques photos. Trois de ces beaux guerriers acceptent de poser aux côté d’OZ. Plus loin, ce sont des Pokots. Pour cette ethnies, ce sont de vastes colliers marrons et des vêtements de couleurs sombres.

En chemin, nous faisons une étape à Marralal. Dans cette ville frontière entre le Sud du Kenya et son Nord désertique se promènent quelques dromadaires. Nos premiers depuis le Mali ! D’ailleurs, de larges affiches annoncent un grand derby de dromadaires du 5 au 8 août.

20 km avant Archer Post, le dernier village avant le parc de Samburu, OZ se transforme en… dépanneuse ! Un Matatu, un de ces petits bus blancs et jaunes qui relient les villes et villages kenyans est en panne. Nous prenons le bus en remorque et dépassons en chemin ses passagers, chargés de bagages, qui poursuivent à pied. Nous détachons notre bus à Archer Post. Le chauffeur est ravi et nous remercie chaleureusement « God bless you ».

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« VERS SAMBURU »
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Galerie, 8 photos

Le parc de Samburu est relativement petit et s’étend le long d’une rivière. De part et d’autre de la verdure qui foisonne le long des rives, s’étend une savane sèche de buissons et d’acacias. Le désert n’est pas loin. Nous revoyons les belles gazelles oryx qui avaient disparu depuis le Kalahari. De nombreux éléphants se promènent le long de la rivière, se baignent et s’abreuvent. Les waterbucks et impalas sont également nombreuses. De craintives girafes s’enfuient à notre approche. A Samburu nous voyons la troisième et dernière espèce de zèbre : le zèbre de Levy. Très différent de ses cousins les zèbres de Grant et Boehm. Avec ses rayures fines et serrées il semble vêtu d’un code barre. Pour la première fois, nous observons les curieuses gazelles girafes qui se dressent sur leurs pattes arrières et tendent leur cou démesuré pour croquer les feuilles tendres des buissons. Autre première, la minuscule gazelle Dik-Dik : 30 petits centimètres seulement au garrot ! Sa minuscule tête aux aguets ressemble à celle d’une souris, perpétuellement inquiète. Plus loin, Un lion endormi se laisse photographier à quelques mètres de la voiture.

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«LE PARC DE SAMBURU»
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Les 13 et 14 juillet : vers Nairobi

Une route contourne le Mont Kenya. Mais dès 8 heure du matin, la montagne est déjà coiffée d’un épais chapeau de nuages. Nous ne le verrons pas plus que le Kilimanjaro. Décidément ces montagnes africaines sont très timides et leur observation, comme celle du léopard ou du lion, nécessite beaucoup de patience !

La piste qui relie Nanyuki à Nyahururu longe le parc des Aberdare. On y croise quelques zèbres et antilopes mais c’est pour un troupeau de vaches aux cornes immenses que nous nous arrêtons prendre des photos. Les pauvres bêtes peinent à lever la tête tant leurs interminables cornes sont pesantes.

De Nyahururu la route pique vers le Sud et nous changeons à nouveau d’hémisphère en passant l’équateur. Au Kenya, les routes sont dans l’ensemble assez mauvaises. Mais la portion qui relie Nakuru à Naivasha est catastrophique. Le bitume est troué et rafistolé à l’infini. Pas un seul mètre n’est lisse. Les kenyans ont inventé la tôle ondulée sur l’asphalte ! Le long de cette route, véritable autoroute pour les camions qui vont en Ouganda, on aperçoit pourtant des zèbres qui broutent et des babouins qui se promènent au milieu des gaz d’échappement. Nous faisons étape sur les rives du lac Naivasha. Partout s’étendent les immenses serres de fermes produisant des fleurs pour l’exportation vers l’Europe.

Du 15 au 20 juillet : à Nairobi

L’ancienne route pour Nairobi zigzague le long de l’escarpement du Rift. Cet itinéraire offre l’avantage de superbes points de vue sur l’immense vallée. Le long de la route, des cabanes de bois sont accrochées au dessus du vide et vendent des souvenirs. Même l’arrêt pour une photo de la vallée est payant ! Tous les moyens sont bons pour gagner quelques shillings. Sur les pentes raides de la route, nous nous traînons, coincés dans le sillage de fumée noire et malodorante des poids lourds qui escaladent la montagne au pas.

D’énormes embouteillages nous accueillent à Nairobi. La ville est immense et semble riche. Les shoppings centers et supermarchés sont légions. Nous récupérons notre carnet de passage envoyé par DHL par l’Adac. Ce nouveau carnet nous ouvre la porte de l’Egypte. Avec notre visa du Soudan en poche, la route du retour semble toute tracée et pendant quelques minutes, cela nous semble du « tout cuit », mais… se faufilant entre les files de voitures, les vendeurs de journaux brandissent une bien mauvaise nouvelle : plusieurs centaines d’hommes armés ont massacré un village entier (près de 100 personnes) aux environs de Marsabit. Bandits venus d’Ethiopie ? Episode de l’incessante guerre de l’eau et du bétail à laquelle se livrent sédentaires et nomades ? L’armée kenyane s’est déployée dans la région à la recherche des meurtriers. Les villageois apeurés affluent vers Marsabit et s’entassent dans des camps de réfugiés. La route Marsabit-Moyale est fermée. Stupeur dans le Land : nous ne savons que faire…

En attendant d’y voir plus clair, nous nous affairons 6 jours durant dans la capitale kenyane afin de préparer la suite du voyage. Nous profitons de l’hôpital performant pour vérifier que Léa et Rose sont bien débarrassées de leur amibe. Nous faisons réparer la climatisation de la voiture qui ne nécessitait finalement qu’une recharge de gaz réfrigérant. Nous avons trouvé le garage de Schumacher, un Allemand passionné de Land Rover. Le Land y est nettoyé, vidangé, graissé au cours d’une nouvelle séance d’entretien. Léa en profite pour jouer avec Filou, le minuscule chiot de Schumacher. Nous faisons faire une nouvelle paire de lunettes pour Léa, les siennes étant rayées jusqu’à en devenir opaque. Nous remplissons nos bouteilles de gaz. Nous actualisons le site. Nous obtenons le visa pour l’Ethiopie…etc…

Mais nous ne faisons pas que travailler à Nairobi. Nous assistons, dans un orphelinat d’animaux, au repas d’un bébé rhinocéros et d’un groupe d’éléphanteaux. Les soigneurs nourrissent ces jeunes animaux avec d’énormes biberons de 5 litres engloutis en un clin d’œil. Les petiots, qui ne dépassent pas 2 ans, sont déjà plus gros que leur « maman humaine » d’adoption qui paraît bien frêle. Les éléphanteaux notamment sont très câlins et se frottent au soigneur en réclamant moult papouilles. Ils sont également très joueurs et courent et shootent dans un ballon pour la plus grande joie de Léa et Rose.

Au « Girafe Center », nous nourrissons des girafes de petites graines qu’elles viennent saisir dans nos mains de leurs grosse langue grise. Pour être accessibles de ces hautes bêtes, nous sommes perchés sur une passerelle, à plusieurs mètres du sol. Les écolesLes écoles de Nairobi semblent également apprécier la visite et se succèdent des ribambelles d’enfants en uniformes qui accourent participer au festin : une cinquantaine de bambins tout de bleu vêtus, suivis d’une soixantaines en vert, suivis de….

« J’avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong.. ». Les collines du Ngong sont maintenant une belle banlieue de Nairobi. Les plantations de café ont fait place aux grandes villas et la ferme de Karen Blixen est un musée. « Karen » est d’ailleurs le nom de ce quartier. La maison du contremaître de l’ancienne ferme est devenue un restaurant doté d’un beau jardin où nous passons quelques douces heures de repos.

Au camping Jungle-Junction de Nairobi, nous retrouvons Pia et Poul qui arrivent d’Ouganda. D’autres voyageurs sont là, qui souhaitent remonter vers l’Ethiopie et qui ne savent que faire. Certains n’envisagent pas d’autre route que celle de Marsabit. D’autres plus téméraires veulent tenter la route qui longe la Somalie. Chris, le propriétaire du camping nous suggère : « pourquoi ne pas remonter par l’Ouest du lac Turkana ? J’ai pris cette route à 4 reprises. Le seul problème pourrait être de traverser l’Omo River mais même dans ce cas, il suffit de suivre la route vers le Nord et contourner la rivière. » Effectivement, les cartes indiquent une belle route qui file vers le Nord. C’est décidé, nous prendrons la route à l’Ouest du lac Turkana. Nous évitons la mauvaise piste Isiolo-Moyale et mettons entre nous et cette région troublée la rassurante barrière du lac et de ses marais. Nous ferons route avec Pia et Poul.

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«A NAIROBI»
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Du 21 au 26 juillet : la rive Ouest du lac Turkana

De Nairobi, nous gagnons le lac Baringo. Là nous retrouvons la grosse tortue que Rose tient à chevaucher. Nous suivons ensuite une piste difficile dans la Kerio Valley. Nous commençons par traverser une large rivière sous les yeux des villageois accourus en nombre assister au spectacle. Ensuite, la piste devient trialisante avec des marches de pierre à escalader. Nous progressons au pas et redescendons dans la plaine. Le terrain est sec mais très raviné et nous descendons et escaladons de nombreux petits canyons. Poul prend de nombreuse photos pour alimenter son magnifique site Internet (www.worldtour.dk). Nous n’en avons jamais eu autant de OZ en action.

Un passage très boueux nous donne quelques difficultés et Pascal déchire la housse de la tente de toit en passant trop près d’un arbre. Dommage, c’est la seule fausse note de cette journée sur cette piste magnifique qui nous conduit à Toruk, Tot puis Sigor.

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«LA PISTE DE LA KERIO VALLEY»
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De là, l’asphalte très abîmé file vers le Nord au travers d’un paysage devenant désertique. On aperçoit des troupeaux de dromadaires dont le pelage couvre toutes les teintes du beige, depuis le blanc, jusqu’au noir. Les bas côtés sont jalonnés de hautes termitières. En arrivant à Lodwar, la chaleur est terrible. Même en cette fin de saison des pluies, seules quelques rares taches de verdures égayent cette région aride.

   

La région est peuplée par les Turkanas. Les femmes ont le cou orné d’un amoncellement de colliers de perles de couleurs. Les hommes portent un chapeau à plume, un petit tabouret de bois et… une arme. De l’antique pétoire à la kalachnikov, l’arme à feu semble être un accessoire de mode masculin en vogue. Mais tous sont amicaux, souriants et rassurants : les armes leur servent à se protéger des vols de bétails commis par les éthiopiens voisins.

Le lac Turkana

Nous passons une journée au bord du lac, à Eliye Springs, dans un lodge abandonné, détruit par les pluies d’El Ninõ et transformé par les villageois en « camping ». Les anciennes constructions sont envahies par le sable et la végétation. On songe à la ville fantôme de Lüderitz en Namibie. Une source d’eau chaude jaillit sur le site et alimentait jadis une piscine, aujourd’hui vide. Des palmiers poussent dans cet oasis. Léa et Rose jouent dans le sable tout l’après-midi. Mais à la nuit tombée, nous trouvons un petit scorpion qui se promène près du Land…

Le lac est aussi appelé la mer de jade. Mais le vert réputé de ses eaux n’est visible qu’au large. Les rives sont marrons des eaux de ruissellement des pluies récentes.

 

Nous visitons le village Turkana voisin, installé en haut des dunes surplombant le lodge. Les huttes de paille sont ainsi exposées au vent du lac et leurs habitants se protègent des moustiques et du paludisme.

 

 

Les montagnes

Une longue route sableuse longe la rive du lac vers le Nord. De nombreux villages turkanas sont installés tout le long. Todentang est le dernier bourg kenyan. Nous sommes arrêtés par des militaires kenyans qui ont installés leur campement près de la piste. Ils sont sympathiques et nous accueillent gentiment. Ils sont ici pour calmer quelques échauffourées entre villageois et tribus. Les moyens de subsistance sont rares dans cette régions et les luttes pour l’eau et la nourriture incessantes.

Plus loin, c’est le dernier poste de police du Kenya. Mais il n’y a pas de poste frontière. Nous avions effectué le formalités de sortie du Kenya (police et douane) à Nairobi. Ils nous accueillent eux aussi très chaleureusement, heureux d’avoir des visiteurs dans ce bout du monde. Leur poste est un peu en ruine. Une épave de camion gît dans la cour et sert de poulailler. Encore un peu plus loin, au sommet d’un piton rocheux dominant la plaine, est perché le premier poste de police éthiopien.

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« LE LAC TURKANA »
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Galerie, 22 photos

Les 26 et 27 juillet: on entre en Ethiopie

Le passager clandestin Là aussi, il n’y a pas de poste de frontière. Les policiers insistent pour qu’un jeune nous accompagne jusqu’à la ville voisine, Omorate, pour être sûr que nous faisons tamponner notre visa. On installe notre garde sur le toit du Land

Omorate est installé sur la rive Est de l’Omo River. Seules quelques pirogues permettent aux piétons de traverser la rivière. Quelques maisons et palissades de bois se rassemblent en village. On y trouve à peu près de tout dans ses petites boutiques, y compris du gasoil. Mais nous sommes sur la rive Ouest. Là, nous sommes 1 000 ans en arrière. Les vêtements sont rares et certains se promènent même complètement nus, simplement enveloppés dans une couverture. Les enfants boivent l’eau de la rivière boueuse où ils barbotent joyeusement. Seuls les armes donnent une touche de modernité au tableau… Mais ici, elles servent à se protéger des vols de bétail commis par les voisins kenyans…

Pascal et Poul embarquent à bord d’une pirogue pour effectuer les formalités d’immigration. Pendant ce temps, Nathalie, Pia, Léa et Rose prennent un bain de foule, immergées dans un attroupement d’enfants mais aussi de femmes et d’hommes curieux, rieurs et gentils.

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« A OMORATE »
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Pas de pont, pas de bac, rien de praticable pour un 4X4 chargé pour un voyage au long cours. Nous devons poursuivre le voyage vers le Nord, à la recherche d’un moyen de traverser la barrière que constitue la rivière ou, au pire la contourner. Nous reprenons la piste jusqu’à Kibish. Là, il nous faut l’aide des villageois pour retrouver la route vers Maji. Nous la suivons sur une quarantaine de km, dans un cap parfait. Il n’y a plus âme qui vive dans cette région complètement déserte de « l’Omo National Park » éthiopien. Arrivée au pied d’une petite montagne, la piste oblique vers l’Est pour la contourner et… se perd dans de hautes herbes. Impossible de retrouver la trace de cette « route » qui ne semble empruntée par personne d’autre que nous. On tournicote un peu et bientôt les radiateurs sont obstrués d’herbes et il nous faut les nettoyer. Impossible de poursuivre. Nous décidons de bivouaquer sur place et de retourner le lendemain vers Kibish nous renseigner sur l’existence de cette piste fantôme.


Du 28 au 31 juillet : piégés par la boue en Ethiopie

il pleut Le 28 au matin, nous sommes tous dans les voitures, prêts à partir lorsque la pluie commence à tomber. En quelques minutes, les 4X4 glissent dangereusement sur la piste devenu patinoire.  L’eau ne peut pénétrer le sol trop sec. Elle ruisselle et forme une couche de boue molle et glissante. Nous stoppons la progression et décidons d’attendre la fin de l’averse… qui dure 3 heures. Lorsque la pluie cesse, le Land, garé trop près du ruisseau est englué.Nos plaques à sable se transforment en plaques à boue et après quelques efforts, nous parvenons à garer les deux voitures en un endroit sec. En amont, comme en aval, la piste n’est plus praticable. Il faut attendre que le soleil fasse son œuvre et assèche la terre rouge. Mais la pluie reprend pendant la nuit et au matin du 29 juillet, la situation n’a guère évoluée : on ne peut toujours pas partir. Gagner à pied le village le plus proche, Kibish, à 40 kilomètres de là est hasardeux car il y a quelques animaux sauvages dans cette région de l’Omo river : la nuit, nous entendons le cri des hyènes.

on filtre l'eau des maresNous patientons la matinée et le début d’après midi avant de tenter une échappée. Mais cent mètres plus loin, le Pajero s’englue à son tour dans la boue encore trop molle. Nous peinons à l’en sortir. Retour à la case départ. L’inquiétude grandit. Nous faisons un inventaire de nos vivres. a la soupe!Si nous avons suffisamment de nourriture, l’eau risque en revanche de manquer rapidement. Nous avons en tout une soixantaine de litres de liquides (eau, lait, jus de fruit, Coca-cola…). Nous commençons à remplir bassines et récipients d’eau de pluie récupérées dans les flaques. Le liquide est boueux mais en le filtrant, nous parvenons à extraire, au terme d’un long et fastidieux travail, une eau claire buvable après avoir été bouillie. Nous passons la journée du 30 juillet à fabriquer 10 litres d’eau potable et en avons bu dans la même journée… 15 litres ! Si l’angoisse gagne les adultes, les enfants, eux, jouent et vivent sans soucis. Léa est ravie de ces journée où on ne roule pas, où on a le droit de courir dans la boue, où les douches sont impossibles,…

Le 30 juillet au soir, le terrain a bien séché. Nous allons tenter de repartir dès le lendemain matin. Dans les acaciasMais dès la nuit tombée, nous voyons à l’horizon les éclairs d’orages qui se déchaînent au loin… Nous passons une mauvaise nuit, scrutant les éclairs, le ciel et les nuages. A 5 heures, les premières gouttes heurtent la toile de tente. Nous plions et nous engouffrons dans les voitures, près à partir. A notre soulagement, seules quelques gouttes crèvent les nuages. Dès la première lueur de l’aube, nous partons et progressons assez rapidement malgré quelques passages boueux. Mais la piste suit le lit d’une rivière encore bien trop humide : 600 mètres d’une boue qui nous promet quelques heures de galère pour les 4X4.Les popcorns  Poul et Pascal partent, GPS en main en reconnaissance et trouvent un chemin au sec qui pourrait être praticable à quelques acacias près. Armés d’une scie et d’une hache, nous frayons un chemin pour les voitures au milieu des arbres  en contournant la zone de boue. Quelques heures plus tard, l’obstacle est franchis et plus rien ne nous stoppe. Nous atteignons rapidement Kibish puis Omorate où nous bivouaquons. Soulagés, nous fêtons notre libération en faisant des pop-corns pour la plus grande joie des louloutes. Mais le lendemain, une crevaison intervient sur un des pneus, pourtant neuf, du Pajero. Il a heurté une souche lors de notre passage et cela lui a été fatal.

Les "survivants"
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Nathalie Pascal Léa Rose Pia Poul

La dream teamLa route du Nord ne semble guère praticable en ce début de saison des pluies en Ethiopie. L’Omo river, en absence de pont ou de bac constitue une barrière infranchissable pour nos voitures. Nous abandonnons donc la route de l’Ouest du lac Turkana et nous résignons à le contourner par le Sud et donc… à retourner au Kenya.

GALERIE :
« PIEGES PAR LA BOUE »
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Galerie, 24 photos

Du 2 au 6 août : retour vers Nairobi

Les villes se succèdent rapidement. Lodwar, Kitale, Nakuru…

L'embouteillageAvant Kitale, la route serpente dans les montagnes. La route est soudain barrée : le pont enjambant la rivière est détruit, il faut descendre dans son lit et passer un petit gué. Mais les nombreux camions ont du mal à se frayer un passage et s’accumule en un embouteillage inextricable. Les 4X4 se faufilent entre les semi-remorques et la petite cascade. Nathalie filme le passage des voitures et soudain, un militaire bondit de son camion, que nous n’avions pas vu, en vociférant : il est interdit de filmer des installations militaires kenyane ! Son vieux camion est donc secret défense ? Il veut confisquer le caméscope mais on résiste. On calme le jeux en effaçant devant lui les images de son camion ! Dans la voiture, Léa, impressionnée par les hurlements de l’énervé, est en pleurs…

Le 4 août, nous sommes de retour à Nairobi que nous avions quitté il y a 14 jours, après plus de 2 000 km de routes et de pistes… Nous devons, pour pouvoir retourner en Ethiopie, obtenir un nouveau visa… Long et fastidieux détour !

Du 7 au 9 août : vers l’Ethiopie

Le mont KenyaNous quittons Nairobi le 7 août en direction du Nord et de l’Ethiopie. Nous faisons une première étape à Timau, au pied du Mont Kenya. La montagne est, cette fois, découverte et nous pouvons l’admirer jusqu’à son sommet. En quelques dizaines de kilomètres la route asphaltée quitte la fraîcheur, le brouillard, l’humidité et la verdure de la montagne pour la sécheresse et la chaleur d’Isiolo et du désert.

Isiolo est l’entrée de la piste du Nord-Kenya. Les policiers y enregistrent notre passage sur un grand cahier et nous ouvrent la barrière. La piste est pierreuse et fatigante. Le revêtement, très dur et cassant soumet le véhicule et ses occupants à de rudes et incessantes secousses. Nous roulons lentement. Qui va piano, va certes sano mais va surtout piano : nous roulons du lever au coucher du soleil et mettons 2 jours à couvrir les 500 kilomètres qui séparent Isiolo de la frontière Ethiopienne.

Heureusement, cette piste qui est mauvaise et qui a la réputation d’être peu sure est aussi très belle. Aucun voyageur ne nous avait parlé de ces magnifiques paysages de sable et de pierre qui s’étendent à perte de vue. De nombreuses antilopes, dik-dik, antilopes-girafes, mangoustes et autruches s’enfuient au passage de nos deux 4X4.

Marsabit constitue une étape à mi-chemin. Nous campons dans l’enceinte de la mission catholique où le père Alex nous accueille gracieusement. Marsabit est aussi la frontière entre deux mondes : au Sud nous croisons quelques guerriers vêtus de rouge, parés de bijoux d’argent et armés d’une lance (peut-être des Samburus ?). Au Nord, nous avons quitté l’Afrique noire et entrons en Afrique du Nord. D’immenses troupeaux de dromadaires, escortés de chameliers équipés de fusils migrent mystérieusement d’Est en Ouest, d’une immensité désertique vers une autre. Nous les prenons copieusement en photo mais nous sommes bientôt incendiés par un chamelier qui accoure en vociférant et en nous jetant des pierres. Nous sautons dans les voitures et nous enfuyons comme des gamins ayant volé des cerises !

L'alphabet ethiopien Nous atteignons Moyale une demi-heure avant la fermeture des postes frontières. En quelques minutes, nous effectuons les formalités, quittons le Kenya et entrons en Ethiopie le 3/12/1997. En changeant de pays, nous changeons de calendrier. Pas simple… L’Ethiopie possède aussi son propre alphabet, l’Amharic, ce qui ne va pas faciliter la lecture des panneaux routiers ! Par contre, pour la première fois depuis que nous avons quitté le Ghana, nous roulons de nouveau à droite. Nous passons la nuit à Moyale, bercés par les prières et chants du mouzim de la mosquée voisine.

GALERIE :
« LA PISTE DU NORD KENYA »
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Galerie, 13 photos

Le voyage se poursuit en Ethiopie...

Mise à jour : 19/08/05