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Au Ghana

 

 

Le 20 décembre : à l’approche du Ghana, c’est cedis,
gasoil et pain de mie

feu de brousseA , tout près de Tiébélé, passe la route qui mène à la frontière. La proximité du Ghana se ressent immédiatement : des vendeurs au noir de monnaie ghanéenne se promènent avec d’énormes liasses de millions de Cedis (1 euro= 10 000 cedis) ; d’autres petits malins, qui achètent leur gasoil à bas prix au Ghana (0,4 euro contre 0,9 au Burkina) essaient de le revendre avec bénéfice côté burkinabé ; enfin on ne trouve plus que du pain de mie, comme au Ghana, ancienne colonie anglaise.

Nous passons la frontière une nouvelle fois sans aucun souci. Nous quittons aussitôt l’Afrique francophone pour un pays anglo-saxon. La route qui passe par Bolgatanga est impeccable et même soulignée de bandes et pointillés d’un blanc éclatant. Des passages piétons traversent la route dans les villages… Nous n’en revenons pas. Même les ghanéens sont « quiet et peaceful ». Personne ne nous demande d’argent.
Des pancartes le long des routes souhaitent « safe journey », « take care » ou « travel safely ».

Partout de grands feux de brousse progressent dans un bruyant crépitement. Nous renonçons aux bivouac et dormons le soir même à Tamale.

Le 21 décembre : les singes sacrés de Fiema

De Tamale, nous délaissons la route principale et empruntons l’ancienne route vers Kumasi : une piste rouge qui descend le long du fleuve Volta à travers un paysage de brousse parsemée de grandes termitières. Elle est interrompue par le lac. L’embarquement sur le bac est un grand moment de solitude pour Pascal. Une multitude de voitures, de camionnettes et de camions font la queue pour traverser. Tous les véhicules s’entassent à bord dans des frôlements de carrosserie qui, miraculeusement, ne se touchent pas. Un camion, chargé à ras bord de manioc, manœuvre dangereusement pour embarquer et se glisser en entre deux véhicules (dont OZ) où, clairement, il ne trouvera pas place. Il tombe finalement en panne sur la rampe d’embarquement. Le spectacle continue alors lorsqu’il s’agit de le déplacer. Finalement, le bac appareille avec une heure de retard. Le pilote installe Léa près de la barre. Elle trône fièrement à côté de lui durant tout voyage. Nous traversons enfin le lac Volta qui, dans la lumière blanche du milieu de journée se confond avec le ciel. Les pirogues semble flotter dans les airs. Pour débarquer, le plus sage serait que chaque véhicule descende dans l’ordre inverse de l’embarquement. C’est sans compter l’impatience de certains chauffeurs : la tension monte, des voix s’élèvent, des moteurs rugissent. Le débarquement se fait également dans un chaos de manœuvres douteuses et de cris (y compris ceux de Pascal, en Anglais !) mais, de manière incompréhensible, sans accrochage.

De l’autre côté du lac, la végétation est verte et luxuriante. Cette fois nous n’avons jamais été autant au Sud : plus de brousse le long des routes mais une forêt tropicale dense. crapule en action ! Nous arrivons en soirée au sanctuaire des singes sacrés de Boabeng Fiema que nous visitons le lendemain. Dans la forêt, nous ne voyons d’abord que de grosses araignées rayées de jaune immobiles au milieu de leurs toiles. Nous apercevons ensuite quelques primates qui bondissent en haut des arbres : des petits singes bruns d’abord (singes de Campbell) et des plus gros, blancs et noirs (singes Colombus). Au détour d’un sentier, c’est toute une troupe de singes bruns qui vient à notre rencontre. Léa et Rose leur distribuent des cacahuètes qu’ils saisissent sans crainte de leurs petites mains noires que les filles trouvent très douces. Pascal et Nathalie mitraillent pour immortaliser la rencontre. C’est en regardant plus tard les photos que nous nous apercevrons que, sur l’une d’elles, Rose écrase discrètement la queue d’un des singes sacrés ! Cela ne nous étonne guère de la petite crapule et nous versons cette photo accablante à son, déjà épais, dossier « bêtises ».

GALERIE :
« LES SINGES SACRES DE FIEMA »
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Du 22 au 25 décembre : à Kumasi, capitale du royaume Ashanti

Marché de KumasiNous reprenons la route principale vers Kumasi. Cette fois la route est très abîmée : visiblement, les routes anglo-saxonnes du Nord étaient surtout plus récentes. Peut-être sont elles également moins soumises au ravinement des deux saisons des pluies du Sud.

Nous entrons dans Kumasi et nous retrouvons bloqués dans un embouteillage monstre aux abord du plus grand marché à ciel ouvert d’Afrique de l’Ouest. OZ est immobile au côté de nombreux tro-tro (mini bus) dans un flot ininterrompu de passant. Nous sommes à deux jours du 24 décembre et, comme en France, c’est la frénétique préparation du réveillon. Le jour tombe sans que nous n’ayons beaucoup avancé. Alors que nous demandons notre chemin aux passants, l’un d’eux se propose gentiment de nous conduire. Il embarque à bord d’OZ et nous guide hors du marché jusqu’à la mission où nous allons loger. Sauvés !

Africa truckNous déplions la tente sur la pelouse de la mission aux côté du camion d’ « d’AfricaTruck » qui traverse l’Afrique en sept mois avec dix passagers à bord.

bivouac à la missionLe soir même nous avons notre première pluie depuis le Maroc. Un gros orage tropical et une averse dense qui rince tout en un clin d’œil. Nous expérimentons ainsi notre tente qui semble parfaitement étanche même sous ce déluge. Mais l’humidité ambiante rend la température plus difficilement supportable que dans le désert par exemple. Nous sommes perpétuellement en sueur.

Nous rencontrons à la mission Marie et Keith un couple d’architecte franco-américain en voyage d’étude de trois mois au Ghana.

Kumasi est une ville qui nous apparaît très européenne, avec une atmosphère très british ou américaine. Nous visitons l’ancien palais du roi des Ashantis, l’imprononçable Manhyia Palace, qui ressemble à une demeure anglaise du 19 ème. Mais ce sont encore une fois les animaux, les paons du jardin du roi, qui auront le plus de succès auprès de nos filles.

Le 24 décembre, nous dînerons à une adresse de Marie et Keith, qui connaissent Kumasi comme leur poche : une pizzeria décorée de guirlandes de Noël qui diffuse de la musique Country. C’est un réveillon surréaliste !

le passage du Père-NoëlLe 25 le père Noël est passé. Contrairement aux inquiétudes de Léa, il a su nous retrouver dans cette lointaine ville d’Afrique. Pour le grand plaisir de Papa et Maman, il a déposé au pied du sapin des cadeaux de petites tailles compatibles avec l’encombrement du Land !

Nous quittons Kumasi le 25 et traversons des villages d’artisanat voisins. Le village des sculpteurs sur bois est malheureusement déserté de ses ouvriers en ce jour de Noël. A Ntonso (où on imprime les magnifiques tissus ashantis :les adinknas) et Bonwire (où on tisse les tissus aux motifs géométriques colorés : les kentés) nous avons plus de chance et observons la fabrication des tissus. Nous visitons le temple ashanti de Besease puis gagnons un magnifique bivouac sur la rive du lac Bosumtwi. Là, nous subissons notre deuxième orage tropical, qui dure une heure avec un ciel zébré d’éclairs. Toute la famille est réfugiée dans la tente qui se transforme en gros chahut !

GALERIE :
« KUMASI »
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Du 26 décembre au premier janvier : à Anomabu, plage et cocotiers

Nous descendons ensuite en une journée sur la côte du Golfe de Guinée. A Anomabu, près de Cape Coast, nous installons la tente au milieu des cocotiers de l’Anomabu Beach Resort qui accepte les campeurs. Plage blanche, mer chaude et vagues immenses. De nombreux expatriés y sont en vacances et Léa et Rose trouvent des compagnons de jeux pour des journées plages ininterrompues. Nous décidons de rester pour quelques jours de vacances. Nous visitons le fort de Cape Coast, destiné à défendre la côte, haut lieu du commerce de l’or et des esclaves. La rampe de terre qui plonge vers le donjon des esclaves fait songer à une porte vers l’enfer…

Le 31 décembre, dans le parc de Kakum, nous nous promenons sur des passerelles suspendues au sommet des arbres de la forêt tropicale, à 30 mètres de hauteur. Au dessous de nous, la végétation est si dense que nous ne voyons rien d’autre que des papillons. Le guide (obligatoire) disparaît en cours de route et nous n’avons aucune explication. Dommage ! Mais cette ballade dans la canopée est impressionnante et nous avons joué avec plaisir les tarzans. Pour fêter l’année à venir, nous déjeunons de délicieuses petites langoustes grillées.

A l’hôtel, le réveillon du Nouvel An se prépare dignement : grillades, orchestre local, et immense feu de joie sur la plage. Léa pactise avec les musiciens et, pendant que ceux-ci préparent leurs instruments, s’essaie au clavier et au chant dans le micro.

GALERIE :
« ANOMABU »
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Du 1er au 2 janvier : à Accra

Le matin du 1 er janvier, jour anniversaire de Léa, nous nous apprêtons à une journée à la plage. Nous avions prévu de souffler les bougies et déguster le gâteau au chocolat de l’hôtel mais il nous faut gagner Accra au plus vite : Rose, qui a vomit dans la nuit du 30, a de nouveau été malade cette nuit. Elle a un peu de fièvre. Nathalie soupçonne le paludisme, maladie très dangereuse pour les enfants. Nous filons donc vers Accra où nous consultons une pédiatre conseillée par un des expatriés en vacances à Anomabu. Elle confirme le diagnostic de Nathalie et nous commençons immédiatement le traitement anti-paludéen.Léa photographe Dès le lendemain Rose est en pleine forme et sa crise un mauvais souvenir. Malgré notre vigilance et les précautions prises dès la tombée de la nuit (moustiquaire, crème anti-moustique, pantalon et manches longues), il semble donc difficile de se protéger des piqûres de moustique !

Mais nous sommes maintenant à Accra qui n’a pas le charme d’Anomabu ! Reste à fêter l’anniversaire de Léa, passé à la trappe dans la précipitation de la veille. Logés à l’hôtel, nous ne pouvons pas cuisiner de gâteau. Léa souffle les 5 bougies d’un pot de glace vanille-chocolat de chez « Franckies » et découvre ses cadeaux : un appareil photo numérique et une boite de maquillage. Elle s’entraîne joyeusement à mitrailler tout ce qu’elle voit. Dans la rue, nous craignons des problèmes lorsqu’elle se plante devant un inconnu et le photographie avec insistance. Heureusement, la patience et la gentillesse des Africains est sans faille avec les enfants.

Les photos de Léa
Maman et Rose Mon Papa Mon Land Mon Land
Mes doudous Un monsieur dans la rue Un monsieur dans la rue Une belle fleur

Reste à présent à organiser l’envoi du 4X4 en Afrique du Sud et contacter des sociétés de transport maritime. Nous avions rencontré à Anomabu Olivier, un Français expatrié travaillant à Tema, le port d’Accra. Nous devions le rappeler pour qu’il nous communique des contacts chez les transporteurs maritimes. Mais lorsque nous l’appelons comme convenu, Olivier nous propose de nous héberger dans sa grande maison le temps que nous organisions notre départ. Ravis, nous quittons notre hôtel sans charme et prenons l’autoroute à péage vers Tema.

Du 2 au 22 janvier : à Tema

L’invitation d’Olivier est une chance incroyable. Il nous accueille très gentiment dans sa vaste et belle maison à Tema. Nous serons comme chez nous le temps de notre (long) séjour chez lui. Car organiser le « shipping » de la voiture sera long, beaucoup plus long que prévu. Tema n’est pas une belle ville et les bivouacs n’y sont guère possibles. Au lieu de trois semaines perdues dans un hôtel moyen d’une ville sans intérêt, le temps passé à Tema devient une pause délicieuse et reposante. Nous renouons pour quelques temps, après trois mois et demi de voyage, avec le confort occidental d’une maison : électricité (pour se coucher après 19 h), eau à volonté (pour la douche), eau chaude (pour la vaisselle)… Nous reprenons des forces dans notre îlot de confort… Nous en profitons pour organiser une chasse méthodique à la poussière rouge des pistes qui incruste tout : nous profitons de la machine à laver pour une grande lessive de tout notre linge et nous nettoyons également OZ de fond en comble.

Oz va en boiteDès le 4 janvier (les 2 et 3 janvier étaient fériés), nous cherchons à envoyer OZ en Afrique du Sud. Nous passons d’abord quelques jours à demander (et attendre) des devis chez différentes compagnies. Finalement, il semble que les prix puissent varier du simple au double selon le transitaire choisi ou le trajet du bateau. Ainsi, Maersk nous proposera un bateau passant par…l’Espagne avant de redescendre en Afrique du Sud. Avec un tel trajet, leur tarif est évidemment, 2 fois plus cher que celui des concurrents. Finalement, le 11 janvier nous avons trouvé un transitaire. Le bateau attendu à quai le 14 est en retard « because, you know, the harbour is congested » (en raison des évènements en Côte d’Ivoire, une partie du trafic maritime d’Abidjan se reporte sur Tema). Il ne trouvera sa place à quai que le 20, avec quasiment une semaine de retard. Le 15, OZ est ficelé et enfermé dans son container. Il reste à quai en attendant le bateau et nous croisons les doigts en espérant échapper aux vols.

En semaine, entre les démarches dans le port, ou le week end, en compagnie d’Olivier, nous visitons les environs.

Cercueil pirogue Une route longe la côte et relie Accra à Tema. Elle traverse plusieurs villages. Là nous avons vu les plus étranges commerces rencontrés jusqu’à aujourd’hui : une exposition de grandes figurines colorées fait songer à une vente de manège de fête foraine en pièces détachées : pirogues, bus, animaux (poissons, lions,…), fruits et légumes (poireaux, radis, cosses de cacao,…), et même téléphone portable, canette de bière, micro ou moteur hors-bord sont exposés au bord de la route. Pourtant, nulle place pour s’asseoir n’est visible. Par contre, il est possible de s’allonger à l’intérieur car il s’agit de cercueils ! D’étonnants cercueils peints de joyeuses couleurs ! Le défunt qui a les moyens de se payer une telle ultime demeure la choisit en accord avec son métier ou sa passion. Dans le magasin où nous nous arrêtons, l’homme qui les fabrique s’appelle… Isaac Newton !

Plage du Labadi Beach Nous allons sur l’étonnante plage du Labadi Beach, un hôtel à 8 kilomètres d’Accra. Si le magnifique hôtel est un repaire d’expatriés, la plage est fréquentée par de nombreux ghanéens et il y règne une incroyable ambiance festive. D’immenses hauts parleurs diffusent une musique qui entraîne, sur le sable, pieds nus, de nombreux danseurs dans un rythme joyeux. Léa les rejoint et s’en donne à cœur joie. Des gamins se promènent à cheval et cherchent à louer leur monture pour une promenade sur la plage.

A Ada, sur la cote en direction du Togo, se trouve la station balnéaire d’Ada, installée entre la mer et la Volta. Les pirogues y côtoient les voiles colorées des catamarans et autres dériveurs.

Un dimanche soir, alors que nous retournons vers Tema, la route est envahie par une foule joyeuse : l’équipe de football d’Accra vient de remporter l’Africa Cup. Des centaines de supporters, jeunes ou vieux, hommes et femmes courent dans la rue, leurs pas accordés sur le rythme de leurs chants de victoire. La voiture se fraie lentement un chemin dans la foule.

L’Harmattan, ce vent chaud et sec chargé d’une fine poussière blanche, que nous avions rencontré au Mali, souffle sans interruption depuis le 4 janvier. L’humidité de l’air diminue, la lourde chaleur humide du sud du Ghana disparaît. Par contre tous les paysages sont voilés de poussières. Même les sons sont absorbés. Tout semble plongé dans un brouillard londonien, mais le temps est chaud et sec… étrange.

Les ghanéens sont très croyants. Nous verrons à travers tout le pays une multitude de diverses églises dérivées du christianisme : église de la Pentecôte, église du 7eme jour, church of the rising christ… Pratiquement tous les petits bus et taxis, ainsi que de nombreux camions, arborent sur leur pare brise arrière des phrases exposant la foi du conducteur : « Thank You Jesus ; God is Great ; Only Jesus can Save ; Only God can Judge Me ; In God We Trust ; Wonderful Jesus ; Jesus is Lord, Amen ;My Kingdom come »... ou plus simplement : « Clap for Jesus » ! Quelques véhicules affichent un « Allah Akbar » et nous verrons même un « Shalom ». Le dimanche, les chants des croyants retentissent dans les églises pleines où se pressent les fidèles.

GALERIE :
« ACCRA et TEMA  »
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Le voyage se poursuit en Afrique du Sud

Mise à jour : 7/02/05