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En Ethiopie

 

 

Du 10 au 13 août : dans l’Omo Valley

L'Omo valleyNous retournons dans l’Omo Valley. Mais cette fois, contrairement à notre dernière mésaventure, nous sommes sur la bonne rive de la rivère Omo. Les pistes sont correctes et pierreuses et certainement plus roulantes par temps de pluie que celles de la rive Ouest… Nous passons 4 jours dans différents villages de l’Omo Valley à la rencontre de ses tribus étonnantes.

Les paysages sont montagneux et très séduisants. Aux alentours des villages, les arbres portent dans leurs branches de longs tonneaux de bois : des ruches. Les femmes marchent le long des routes, courbées sous de lourds fagots de bois. Pendant ce temps, les hommes surveillent les troupeaux. Au passage de nos voitures, des enfants accourent et nous poursuivent en criant « You ! You ! You ! You ! » en espérant quelques cadeaux. Ils vendent quelques bibelots de leur fabrication ou se déguisent pour des photos : ils se peignent le corps de « peintures de guerre » et se perchent sur des échasses en attendant les voitures de touristes.

Alors que nous photographions un village, nous apercevons une silhouette qui dévale la pente en courant à notre rencontre, en brandissant un fusil. Avons nous pris une photo interdite et fait un mécontent (armé qui plus est) ? Un peu inquiets, nous regardons le bonhomme accourir et lorsqu’il s’approche, nous nous rendons compte de notre méprise : il s’agit d’un gamin souriant qui aimerait nous vendre une arme en bois de sa fabrication. Ouf ! Depuis plusieurs semaines, nous croisons de nombreux hommes armés et nous commençons à devenir paranos !

New York Près de Konso, nous visitons un petit village installé près d’un canyon creusé dans la terre rouge par les eaux de pluie. Le ruissellement ravine le terrain et forme de hautes structures qui peuvent rappeler la forme d’immeubles. Le village a donc pris modestement le nom de « New York » !

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« L'OMO VALLEY »
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Galerie, 18 photos

le marchéDans cette région isolée de l’Omo Valley, les peuples ont conservées leurs traditions et habillement ancestraux. Les jours de marché, une foule bigarrée et éclectique afflue dans les villages et constitue un spectacle étonnant. Nous allons aux marchés de Kay Afar et de Demeka. Nous y rencontrons les Hamer, dont les femmes tressent leurs cheveux en une coupe « Mireille Matthieu ». Vêtues de peaux, parées de colliers de coquillages, elles se coiffent d’étranges couvre-chef en demi-calebasse. Les hommes Banas, eux, aiment le bleu. Ils sont vêtus d’une courte jupe, d’un maillot de baskett-ball (!). Ils plantent dans leurs cheveux une plume et portent aux bras des bracelets de cuivre ou d’argent. Lorsque nous nous promenons parmi les étals, l’ambiance est amicale et décontractée. Léa et Rose font sensation. Tout le monde veut les toucher, les embrasser ou les porter. Choc des cultures, ces hommes en jupette rient aux éclat de voir Pascal porter Rose : un homme porte un bébé ? Ils sont drôles ces blancs !

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« SUR LES MARCHÉS »
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Galerie, 19 photos

A Turmi, les femmes d’un village réalisent, à la tombée du jour, un concert et spectacle de danse. Elles sont joliment parées et sont très belles. Léa s’initie à la vidéo en tenant le caméscope. Comme d’habitude, se voir sur les écrans des appareils photo numériques suscite un enthousiasme joyeux chez ces gens qui ne possèdent certainement aucune photo. Le retour des hommes qui rejoignent le village gache la fête : ils exigent plus d’argent et comme on refuse de payer, il nous faut partir un peu précipitamment.

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« LES DANSES »
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Parmi ces tribus, la plus spectaculaire et la plus célèbre est celle des Mursis. Les femmes s’ornent la lèvre inférieure d’un disque d’argile. Cette tribu vit dans les montagnes de l’Omo National Park, à plusieurs heures de piste de la ville de Jinka. Les Mursis ont mauvaise réputation chez les voyageurs qui déplorent tous leur grande agressivité : ils font payer les photos et pressent les touristes, les touchent, leur tirent les manches, leur font les poches afin d’obtenir le maximum d’argent. Pour éviter ces désagréments, nous décidons d’aller les voir avec un guide local. Le spectacle est paraît-il impressionnant, aussi Léa et Rose sont elles dispensées de la visite. Pascal reste avec elles au camping pendant que Nathalie, Pia et Poul partent une journée entière dans les lointains villages. Là bas, le guide fait bien sont travail et les Mursis restent calmes. La visite est agréable et spectaculaire. Les femmes arborent fièrement leurs plateaux comme de monstrueuses Vénus. Les corps peints et enjolivés de toutes sortes de bijoux ou d’accessoires, les Mursis sont effectivement très impressionnants !

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« CHEZ LES MURSI »
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Galerie, 23 photos

Les dos nus de certaines femmes laissent entrevoir d’énormes cicatrices. Ce sont les séquelles de la cérémonie appelée « bull jumping » au cours de laquelle elles sont battues jusqu’au sang par hommes. Les gens nous expliquent que chacun aime cette joyeuse festivité où chacun prouve son amour soit en battant, soit en acceptant d’être battues. Au cours des festivités, qui durent toute la journée, les hommes sautent par dessus des vaches, et tout le monde danse. Les touristes peuvent assister à l’événement en achetant leur place. Nous déclinons l’offre, peu enthousiastes…

Les 14 et 15 août : vers Addis Abeba

Après deux longues journées de route, nous rejoignons Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Par une piste en bon état, nous quittons Turmi, gagnons Konso puis Arba Minch, sur la rive du lac Abaya. A Sashemene nous retrouvons le superbe asphalte de la nationale venant de Moyale. Des voyageurs nous avaient avertis que les enfants éthiopiens lançaient des cailloux sur les voitures. Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune pierre. Sur notre passage, les enfants se contentent de tendre la main pour demander de l’argent ou de la nourriture en hurlant de stridents « You ! You ! You ! ». Par contre, certains d’entre eux s’ingénient à pousser leurs maigres vaches, chèvres ou moutons devant notre voiture. Peut être simple amusement, ou un moyen de retirer, après un éventuel accident, quelques dollars de la famélique dépouille ? Il faut rester vigilant car les routes n’appartiennent pas aux véhicules mais aux innombrables troupeaux qui les occupent paresseusement.

Du 16 au 23 août : à Addis Abeba

Addis est une des pires capitales que nous ayons traversé. Comme Bamako, la ville est vaste, sale et polluée. Malgré quelques églises orthodoxes, la ville et ses bâtiments ont peu de charme. La circulation y est anarchique. Les innombrables mendiants, enfants et estropiés qui s’agglutinent à la voiture au moindre arrêt aux feux rouges ou dans les embouteillages contribuent à rendre cette ville inaccueillante.

A Addis, nous découvrons, pour la première fois depuis le début de notre voyage, les pluies diluviennes d’une saison des pluies en Afrique. Pas une journée, pas une nuit sans que de violents orages et des trombes d’eau ne s’abattent sur la ville. Difficile de camper dans ces conditions et nous abandonnons bien vite l’abri précaire de la toile de tente pour nous réfugier dans un hôtel. Là, nous apprécions, d’être au sec, d’être au chaud, de prendre des douches chaudes et… de suivre les actualités à la télévision (CNN bien sûr).

Léa, qui souffrait de fièvre depuis notre arrivée à Addis, se plaint bientôt de douleurs, en bas à droite du ventre. Nous nous rendons rapidement à l’ambassade de France où nous trouvons aide et grande gentillesse auprès de nos compatriotes. Le médecin de notre assurance (contacté par téléphone), le médecin éthiopien (consulté sur place) et Nathalie diagnostiquent une possible appendicite. Les structures médicales étant inexistantes en Ethiopie et un long vol en avion étant déconseillé pour cette pathologie, Léa est évacuée vers Nairobi, au Kenya. Nathalie l’accompagne bien sûr, ainsi que Rose, qui voyage sur le visa éthiopien de sa maman et doit donc quitter obligatoirement le pays avec elle.
Les filles embarquent à bord du magnifique jet des « flying doctors » kenyans, cette structure créée pour intervenir au fin fond de la brousse kenyane. A peine arrivée à Nairobi, Léa est en grande forme et ravie d’avoir pris l’avion. Deux jours d’observation à l’hôpital de Nairobi et quelques analyses plus tard, il s’avère que l’appendicite n’en était pas une. Il s’agissait d’une infection bénigne provoquée par un virus… Les filles reviennent à Addis par un vol régulier d’Ethiopian Airlines. Nathalie est épuisée de ces 3 jours de stress à Nairobi où il lui a fallut batailler pour contacter Pascal ou l’assurance en France. Car si en France la carte de sécurité sociale ou la CMU ouvre l’accès aux soins, à l’hôpital de Nairobi il faut d’abord donner sa carte de crédit pour être entendu. Et il y a un tarif spécial pour les étrangers… à la hausse bien sûr.

Finalement, notre séjour prolongé forcé à Addis nous permet d’apprendre à apprécier la ville. Nous retrouvons d’autres amis voyageurs au long cours qui restent bloqués à Addis en attendant leur visa pour le Soudan. C’est l’occasion de sorties et visites de différents restaurants de la ville. Dans les restaurants éthiopiens nous découvrons les larges crêpes agrémentés de diverses viandes et plats en sauce épicée. Nous admirons la « cérémonie du café », où le breuvage est préparé soigneusement au milieu des fumées parfumées des encens. Les restaurants occidentaux offrent des repas plus classiques pour nos loulouttes qui s’y régalent de glaces.

Nous obtenons sans difficulté, en 2 jours le visa pour l’Egypte. Pia et Poul bataillent quelques jours avec l’ambassade du Soudan pour obtenir un simple visa de transit. Finalement, entre la lenteur de l’ambassade du Soudan à Addis et nos mésaventures médicales, les timings des deux voitures coïncident. Nous sommes prêts à reprendre la route le même jour. Nous sommes ravis car nous formons une bonne équipe et nous entendons bien.

Du 23 au 25 août : à Lalibela

Les routes encombréesPlus de 600 kilomètres de pistes séparent Addis Abeba des montagnes de Lalibela. Nous mettons une journée et demi à les couvrir. Les pluies nous accompagnent et ralentissent la progression. Les routes sont toujours envahies par les marcheurs et les troupeaux. Difficile de rouler bien vite au milieu de cette foule imprévisible et insouciante.

La verdoyante EthiopieLes paysages sont superbes et inattendus : de la verdure partout. Les champs colorent les montagnes de magnifiques patchworks. Les éthiopiens sont très amicaux et souriants. Les enfants comme les adultes sont charmants. Nous ne comprenons pas la mauvaise réputation de ce pays qui semble avoir déçu de nombreux voyageurs. Les enfants qui dansentNous n’avons toujours pas reçu les pierres promises et si les enfants en ramassent quelques fois, ils les lâchent pour répondre avec enthousiasme à nos saluts . Parfois, plus imprudemment les enfants improvisent une danse, en espérant quelques pièces, et restent au milieu de la route sans s’écarter à notre approche (notre klaxon ne fonctionne plus et nous manque terriblement !). En fait, l’Ethiopie est un très beau pays, qui possède de beaux sites et est en passe de devenir un des coups de cœur de notre voyage ! Nous en somme à regretter de n’avoir que si peu de temps à lui consacrer…

Les dromadaires ont tout bu Nous croisons de nombreux dromadaires qui semblent insolites au milieu de ces paysages verdoyants. Nous en croisons même tout un troupeau, couché au milieu d’une rivière à sec. Les soiffards, au terme d’une longue période de sécheresse aurait ils tout bu ?

Le canonDe la guerre civile, restent le long des routes quelques carcasses de chars, de véhicules blindés et de canons. Les engins de guerre sont envahis par les herbes et servent de terrain de jeux aux enfants.

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« SUR LA ROUTE »
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Galerie, 29 photos

L'échaffaudage gâche la vueNous visitons les 11 églises de Lalibela. Léa et Rose suivent en maugréant, peu intéressées. Taillées à même la roche des montagnes, chacune d’entre elle est le résultat d’un monstrueux travail. La plupart sont protégées des intempéries destructrices par un toit de tôle supporté par un échafaudage de bois. Une égliseLa construction, si elle est sans doute nécessaire pour protéger les antiques bâtiments en cachent malheureusement la majeure partie. C’est un peu décevant car la beauté des sites en pâti.

Michael JacksonDans chaque église, le prêtre accueille les visiteurs et exhibe, en grande tenue, sa croix de procession, finement ciselée. Certains semblent las de poser pour la photo et, craignant que la lumière de multiples flashs ne gâte leur vue, chaussent pour l’occasion des lunettes de soleil. On a l’impression de photographier un étrange « Michael Jackson » tout juste sorti de son clip.

Dans une des églises, un prêtre particulièrement joyeux joue un moment avec Léa. Il lui propose même un échange : le petit poney contre la croix en or qu’il porte à son cou. SouterrainMalheureusement, Léa n’est pas vénale et pense que son poney n’a pas de prix. Elle refuse le marché et le prêtre en rit aux éclats !

Nous suivons de longs et obscurs souterrains qui relient les églises entre elles. Il nous faut parfois progresser dans le noir le plus total. On tâtonne et avance pas à pas jusqu’à la sortie et la lumière salvatrice.

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« LALIBELA »
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Les 26 et 27 août : les monastères du lac Tana

On embarqueNous gagnons Bahir Dar, ville au Sud du lac Tana, au terme d’une autre longue journée de piste. Là encore les paysages sont somptueux et l’accueil des éthiopiens chaleureux. Pia et Poul ne souhaitent pas aller jusqu’au lac Tana. Nous nous donnons rendez vous à Gonder deux jours plus tard. Le pêcheur A Bahir Dar, nous embarquons à bord d’un petit bateau pour une visite de quelques uns des monastères bâtis sur les rives du lac ou ses îles. Sur le lac, quelques pêcheurs travaillent assis sur une précaire et mince embarcation de papyrus.

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« LAC TANA »
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Ces monastères sont des constructions circulaires, assez petites, installées au milieu de la forêt et des plants de café. Leurs murs sont ornés d’images colorées représentant des scènes bibliques. On y entre par une des antiques et hautes portes de bois qui en ouvrent le pourtour. Là encore les moines nous montrent les croix et les manuscrits, possessions de chaque monastère. Ces manuscrits relatent des textes sacrés, enjolivés de magnifiques dessins, recopiés sur des pages de peau de chèvre.

Le monastère Manuscrit sacré Le monastère

Interdit aux femmesUn des monastère est interdit aux femmes… Pascal abandonne donc ses femmes le temps d’une visite. C’est dommage c’est, objectivement, le plus beau des 5 monastères que nous visitons. Vaste et bâti en pierre, il possède la plus riche collection de croix et de manuscrits.

Au retour de notre promenade, nous rencontrons un des hippopotames du lac. Il est énorme et craintif. A notre approche, il ouvre une gueule immense et baille à s’en décrocher la mâchoire.

Les 28 et 29 août : à Gonder

La belle route goudronnée qui relie Bahir Dar à Gonder est parcourue en quelques heures, toujours avec son lot de coup de frein ou de volant pour éviter tel âne, tel berger ou tel gamin qui traversent le nez au vent.

A peine Oz parqué dans le camping, nous remarquons une flaque de liquide sous le moteur : une durite du circuit de refroidissement du moteur est percée. Impossible de trouver une durite de remplacement à Gonder. Nous voilà contraints de jouer à nouveau les apprentis-Mike Giver : nous effectuons une réparation de fortune avec du « scotch » de caoutchouc et de la glue… Espérons que cela tiendra car sur les routes soudanaises ou égyptiennes, le moteur aura plus que jamais besoin d’être correctement refroidi !

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« A GONDER »
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De plus, depuis quelques jours Pascal et Léa souffraient de démangeaisons. Nous pensions qu’il s’agissait de piqûres de moustiques mais nous découvrons une puce dans nos vêtements ! Une puce ! Nous voici parasités comme de vulgaires toutous ! Nous rinçons tous nos vêtements afin de nous débarrasser des voraces bébêtes. Une bonne occupation surtout lorsqu’il s’agit de faire sécher tout ce linge en pleine saison des pluies…

Pour couronner le tout, Pia et Pascal souffrent d’une intoxication alimentaire. L’étrange steak agrémenté d’œuf mangé dans un restaurant de Lalibela leur a été fatal ! Les repas dans les restaurants africains sont risqués. Pour Pia, cette intoxication se double d’une fièvre typhoïde. Elle est clouée au lit pendant deux jours.

Décidément, cette fin de voyage, depuis notre départ de Nairobi, est riche en péripéties diverses !

EgliseCherubinNous visitons la belle église de « Debre Berhan Selassie ». Un cloître fait le tour de l’église. Léa et Rose en font rapidement un sujet d’amusement et courent autour du bâtiment pendant que papa et maman en visitent l’intérieur. Le plafond est orné de 80 chérubins peints. Notre guide indique qu’ils ont chacun une expression différente. Pour nous, ils semblemt tous forts semblables, bien que charmants.

Nous visitons également le château de Kweskwam, un ensemble de plusieurs palais et bâtiments datant du XVIII ème siècle en divers état de conservation. La promenade dans les jardins et les vastes salles des palais ressemble à un voyage dans le temps. Céémonie de mariagePlusieurs cérémonies de mariage, les mariés, le cortège d’invités et de photographes viennent pour immortaliser l’événement dans les jardins du château. Léa et Rose doivent poser avec certains invités et même le prêtre !

 

Le voyage se poursuit au Soudan...

Mise à jour : 30/08/05